Le Collège Cardinal Mercier et les fils de Colons (1924 – 1962).

(Cet article a été publié dans le magazine Mémoires du Congo, n° 77 pp. 35-36 sous une forme abrégée).

Éloignés de la métropole, les coloniaux attachaient beaucoup d’importance à l’éducation de leurs enfants. La plupart d’entre eux fréquentaient des institutions spécifiquement destinées aux Européens, distinctes de celles réservées aux Congolais, appelées « écoles indigènes ». L’Église catholique y jouait un rôle primordial, les jésuites ayant pris en main cette œuvre de « civilisation ». L’enseignement était majoritairement dispensé en français et les programmes scolaires, quoique moins diversifiés, étaient calqués sur ceux donnés en Belgique.

Ces écoles étaient situées dans de grands centres urbains : à Léopoldville, le Collège Albert 1er[1], géré par les jésuites étroitement liés au Collège Saint-Michel ; à Stanleyville, le Collège Saint-Joseph (Frères des écoles chrétiennes) ; à Élisabethville, le Collège Saint-Boniface (Jésuite) et l’Institut Saint-François de Sales (Salésiens) ; à Jadotville, l’École des frères maristes pour les fils des expatriés travaillant à l’Union Minière du Haut-Katanga (UMHK).

Mais une partie des coloniaux[2], appartenant aux classes les plus aisées ou ceux qui prévoyaient un retour prochain en métropole, préféraient envoyer leurs enfants en Belgique, surtout pour les études secondaires. À cette époque, le Collège Saint-Michel de Bruxelles était considéré comme l’école des élites catholiques. Il avait formé un certain nombre de ceux qui étaient devenus les gestionnaires de la colonie (administrateurs, fonctionnaires, ingénieurs…). Il était donc normal qu’ils envoient à leur tour leur progéniture dans cette école qui était également présente au Congo.

Il existait également d’autres institutions accueillant leurs enfants : le Collège Notre-Dame de la Tombe à Kain (Tournai), le Collège Notre-Dame de la Paix à Namur (Jésuite), le Collège Saint-Stanislas à Mons (Frères maristes), le Collège Saint-Rombaut à Malines (Jésuite), le Collège du Sacré-Cœur à Charleroi (Jésuite).

Quant aux filles, elles étaient envoyées dans des écoles ou pensionnats tenus par des sœurs. On peut citer à Bruxelles, l’Institut de la Vierge fidèle tenu par les sœurs de la Fidélité, l’Institut Saint-André ou encore l’Institut des Dames de Marie.

Toutes ces écoles partageaient quelques points communs. Quand le Congo devint belge (1908), elles avaient déjà une histoire, certaine depuis longtemps. Elles étaient situées dans des villes de première importance et surtout, elles se rattachaient toutes à des congrégations religieuses dynamiques et entreprenantes, impliquées d’une façon ou d’une autre dans l’évangélisation des colonies.

Rien de tout cela avec le Collège Cardinal Mercier, objet de notre étude. Sa construction ne commença qu’en 1924. L’école ne se rattachait pas à une quelconque congrégation et elle était située en périphérie d’un bourg brabançon. Mais tout cela ne l’empêcha point de participer également à l’éducation des fils de coloniaux.

I — Le Collège et les colonies 

On peut aisément comprendre que tout entier accaparé par la construction de l’école, les colonies ne furent pas la priorité de son fondateur et premier directeur (1924-1936), l’abbé René Verbruggen. Il partageait naturellement les idées prévalant à l’époque sur le rôle de la Belgique dans cette entreprise civilisatrice. Elles avaient été rappelées par Mgr Mercier dans une lettre pastorale de 1908, lue dans toutes les églises afin de célébrer l’annexion du Congo par la Belgique. Il insistait sur les devoirs nouveaux que la colonisation allait imposer au pays et notamment à ceux appelés à répandre sur ce champ immense la bonne semence de la vie chrétienne. Il ne remettait pas en question la colonisation, mais seulement la manière dont elle avait été menée, souhaitant un engagement moral plus fort des Belges dans la gestion des colonies.

L’examen de la revue du Collège Cardinal Mercier depuis sa création[3] jusqu’en 1940 ne révèle pas un intérêt spécial pour les colonies et les missions africaines. Le seul véritable article qui est consacré au Congo est publié dans un numéro de novembre 1929 et s’intitule « Quelques aspects essentiels des carrières coloniales ». Écrit sous la plume d’un certain « A. Gilles, administrateur territorial du Haut-Kasaï », il n’aborde pas le sujet sous l’angle religieux, mais bien sous celui du débouché qu’elle{s} offre{nt} en carrières diverses, à l’activité de la jeunesse belge. L’article que l’on devine destiné aux parents des élèves a de quoi surprendre par le tableau assez sombre qu’il trace de la colonie et où les aspects moraux prédominent.

Il met l’accent tout d’abord sur la crise économique traversée par le Congo et l’encombrement des carrières coloniales dues selon lui à la multiplicité des firmes en activité là-bas. Et de mettre en garde le candidat à l’expatriation que son offre de service ne sera qu’une entre mille. Pour celui qui serait encore tenté par l’expérience, un autre avertissement : tout succès dans l’activité coloniale est {…} commandé en ordre premier par une adaptation morale (et physique évidemment) à l’ambiance. Celle-ci est décrite successivement dans la grande ville, le petit poste et la brousse. Et chaque fois, les risques de déperdition morale sont mis en avant ou habilement suggérés. Bref, si un des lecteurs de la revue envisageait de faire carrière au Congo, la simple lecture de l’article l’en aurait dissuadé !

Peu avant la Seconde Guerre mondiale, le Collège Cardinal Mercier peut déjà se targuer d’avoir formé une belle brochette d’élèves, dont un petit nombre se lancèrent dans la carrière coloniale. La revue salue ainsi le départ le 23 août 1939 d’Albert de Romrée de Vichenet (1915-1987) sur le paquebot Élisabethville ou encore le voyage par avion de Marcel Lips, ancien président de l’Association des Anciens, qui rejoint le Congo en tant qu’agent sanitaire. À cette occasion, il donne une interview dans laquelle il déclare que le scoutisme et le système d’éducation du CCM {lui} font encore journellement, du bien. Et d’ajouter que s’il est débrouillard {s’il a} le moral haut, le sourire dans les difficultés {il le doit} à cette formation du Collège.

Les atouts évoqués par Marcel Lips ont sans doute été importants dans le choix de nos coloniaux de confier leur fils à cette école. La qualité de l’enseignement, le cadre aéré de l’école qui offrait à la fois les avantages de l’internat et ceux du scoutisme[4] ont indéniablement joué en faveur de l’institution. D’autres raisons peuvent également l’expliquer.

Il y a d’abord la « caution morale » du cardinal Mercier dont la personnalité charismatique est encore auréolée du prestige né de son opposition à l’occupation allemande durant la Première Guerre. Initialement d’ailleurs, le Prélat ne souhaitait pas que l’école porte son nom[5] et il fallut toute la diplomatie et l’obstination de l’abbé René Verbruggen, pour qu’il accepte finalement d’en assumer la paternité. Cet élément fut très important comme l’atteste l’immense succès rencontré par la souscription lancée pour l’édification du collège. Parmi les bienfaiteurs, on trouve quelques familles de coloniaux (Bribosia, Le Docte, Gillet, Goethals).

La mobilisation de l’establishment catholique fut naturellement importante dans le succès de la nouvelle institution. À cet égard, on peut souligner le rôle primordial joué par Henri Carton de Wiart, acteur important de la vie politique belge et qui a assuré activement la présidence d’honneur du nouveau collège. Le Comte s’intéressait également de très près à l’aventure coloniale belge au point de faire un séjour de plusieurs mois au Congo (de juillet à novembre 1922)[6]. On peut penser qu’il n’a pas hésité à recommander l’institution de Braine-l’Alleud à ses nombreuses relations, notamment dans la colonie. Dès lors, on ne s’étonnera pas de constater que le premier élève natif du Congo à s’inscrire au Collège en 1927 fut Alain de Ryckman de Betz dont la grand-mère paternelle, Hélène Carton de Wiart n’était autre qu’une cousine de l’illustre homme d’État. Et n’oublions pas Edmond Carton de Wiart (1876-1959), le frère cadet d’Henri, très au fait des problèmes coloniaux de par, notamment, ses fonctions de chef de cabinet de Léopold II et sa présence dans de nombreux conseils d’administration.

Edmond Carton de Wiart fut également à la base de la Donation royale[7] dont il devint le premier président. C’est sans doute là qu’il rencontra Auguste Buisseret (1859-1937)[8] qui devint administrateur de cet établissement. Entre gens du même monde, on peut au détour d’une conversation, donner un conseil ou faire une recommandation. On imagine ainsi que la présence de Pierre Humblet au Collège Cardinal Mercier n’est pas le fruit du hasard dans la mesure où Auguste Buisseret était son grand-père maternel[9]. Pierre Humblet fréquenta quatre ans le collège de 1932 à 1936. C’est là qu’il rencontra André Moyen qui y fut professeur de 1935 à 1942. L’histoire est connue[10]. André Moyen devint chef du renseignement militaire belge alors que son « élève » fut administrateur de la Sûreté au Congo belge.

Durant la Seconde Guerre mondiale, le Congo fut coupé de sa métropole. La ligne exploitée par la Sabena avait été interrompue de même que les liaisons maritimes entre Anvers et Matadi. Seuls des voyages vers l’Angleterre ou le Royaume-Uni étaient encore assurés afin de fournir les produits nécessaires à l’effort de guerre allié. Nombre d’élèves issus de la colonie furent donc bloqués dans les écoles belges. Au Collège Cardinal Mercier, les internes furent relogés chez des voisins étant donné la réquisition des dortoirs par les troupes allemandes.

Quinze ans après la fin de la guerre, les coloniaux et leurs enfants durent faire face à une autre épreuve, celle de l’indépendance du Congo. Le Collège fit face à ce défi, car il fallait notamment les accueillir dans le cadre du regroupement des fratries. La plupart des garçons {furent} dirigés vers le Collège Cardinal Mercier, les filles {assistèrent aux} cours de l’Institut de la Vallée Bailly. Un minibus Volkswagen véhiculait les pensionnaires dans leurs écoles respectives chaque jour. La capacité d’hébergement fut accrue grâce au groupe d’internat « extra muros » dont le « Home d’enfants Anne-Marie Henrion » (dit aussi « Bogaerts ») laissa le plus de souvenirs. Situé au pied de la butte du Lion, ce home compta jusqu’à une trentaine de jeunes parmi lesquels quelques Congolais. Connue sous l’appellation de maison de « Tante Anne », elle a donné naissance à une association du même nom à Kinshasa afin de poursuivre son travail pédagogique[11].

III — Les fils de colons inscrits au Collège Cardinal Mercier. 

Plusieurs remarques liminaires s’avèrent nécessaires. D’une part, nous nous sommes limités aux élèves nés dans les colonies. Ceux nés en Belgique de parents coloniaux sont donc exclus, vu la complexité de les tracer. Pour certains élèves, la durée de leur scolarité au Collège demeure incertaine.

Ensuite, la réforme scolaire de 1947 a réorganisé l’enseignement moyen en Belgique en supprimant les classes préparatoires et en clarifiant la séparation primaire/secondaire.

Pour les lieux situés au Congo, nous avons utilisé les noms en vigueur à l’époque coloniale ainsi que les provinces auxquels ils se rattachaient à l’époque (voir carte ci-après).

Enfin, les données biographiques sont issues de journaux de l’époque, d’études consacrées à certains aspects de la vie dans les colonies africaines, d’informations généalogiques disponibles (via Geneanet par exemple) et de contacts initiés avec les familles des anciens élèves.

ATTALA Jacques, né à Élisabethville (province du Katanga), le 8 février 1930 et décédé à Beyrouth le 18 décembre 2014. Administrateur de sociétés, il était l’époux d’Élisa Lamoral. Il fréquenta le Collège Cardinal Mercier (CCM) durant l’année scolaire 1937/38 (10e préparatoire). Il y est revenu pour faire sa 4e Latine (1946-47). Il était le fils de Mansour Attala, né à Jachouche ou Aachouch (Liban) le 26 septembre 1893 et décédé à Bruxelles, le 23 août 1980 et de Marthe Cornille (1908-1962). Homme d’affaires à la tête d’un groupe de plusieurs sociétés dont Congo Motors, Unicongo, Central African Agencies… On raconte que ce Monsieur Attala arriva au Congo vers 1910 pour y faire commerce d’un peu de tout. En tout cas, de tout ce qui pouvait intéresser tant les Congolais que les coloniaux (…). De fil en aiguille, d’année en année, l’importance de Monsieur Attala allait grandissant. De ventes de vélos, il vendit des motos et puis, après la Deuxième Guerre mondiale, il embraya avec le boum de l’automobile en se faisant attribuer la représentation exclusive au Congo belge du géant américain la General Motors[12]. Fort de son succès et de sa prospérité, l’homme d’affaires décida de diversifier ses activités en créant Unicongo, le troisième réseau privé de pharmacies dans la colonie.

AUTRIQUE Alain, né le 1er juin 1942 à Johannesburg (Afrique du Sud) et non Léopoldville comme indiqué sur sa fiche scolaire. Il arrive au Collège en septembre 1954 et y fait toutes ses études secondaires. Avec son frère, il fut interne au groupe des Juniors puis des Moyens. Par la suite, il entreprit des études d’ingénieur agronome en région subtropicale et tropicale à l’université de Louvain. Cela le conduit à travailler pour la coopération technique belge et diriger pendant 22 ans (1968-1990) le département de la défense des végétaux de l’Institut des sciences agronomiques du Burundi (qui a succédé à l’INEAC après l’indépendance de ce pays en 1962). AUTRIQUE Jean-Claude, né à Stanleyville le 21 décembre 1940. Médecin, il est l’époux d’Anne Fonteyn. Il termine sa rhétorique en 1960 au terme d’une scolarité de 7 ans passés au Collège.

Tous deux sont les fils de Georges Autrique (1912-2002) et Élisabeth Jacobs (1918-1988). Son diplôme d’ingénieur commercial Solvay en poche, Georges rejoint le comptoir colonial Belgika à Stanleyville où il devint administrateur délégué. Il fut également président de la Chambre de commerce de cette ville. La famille Autrique à qui est associée le nom de Belgika jouit en effet d’une grande notoriété dans la Province orientale.

À la fin des années 50, le groupe Belgika occupe 83 Européens et 15000autochtones. Ses activités couvrent les secteurs agricoles et d’élevage (plantations de caféiers, de palmiers à huile et d’hévéas), le secteur industriel (4 usines à café, 6 huileries, 1 usine à caoutchouc, 5 rizeries et 9 usines à coton), le secteur commercial et celui de l’assurance et agence de voyages[13].

BALLION Daniel, né à Léopoldville, le 6 juillet 1938 et BALLION Jean, né dans la même ville, le 18 septembre 1936. Les deux frères passèrent quatre ans au Collège (1947 à 1951) en qualité d’internes. Ils provenaient du Collège Albert 1er de Léopoldville. Ils étaient les fils de Marc Ballion (1911-1971), auxiliaire médical, et de Juliane Cloquet. Les frais de scolarité furent pris en charge par Karel Tomsej, le second mari de Juliane Cloquet. Naturalisé belge en 1946, Tomsej était d’origine tchèque, né à Holesov en 1916. Il devint le directeur général de la « société Bata Congolaise ». C’est en 1931 que l’entreprise de chaussures d’origine tchèque ouvrit une succursale au Congo. Une usine fut même construite en 1940. Dix ans plus tard, la société produisait 14 000 paires de chaussures en cuir par mois et 35 000 de chaussures en toile[14].

BERREWAERTS Armand, né à Léopoldville, le 29 décembre 1924 et décédé le 29 juillet 2011 à Braine-l’Alleud. Il était l’époux de Marie-Thérèse Dechamps. Avocat de profession, il fut bâtonnier des avocats du barreau de Nivelles de 1978 à 1980 et de 1984 à 1986. BERREWAERTS Jean-Marie, né à Léopoldville. Il entama ses études au CCM en 1936 et les termina en 1945, un an après Armand. Tous deux étaient les fils de René Berrewaerts et Marie-Jeanne Davignon. Leur père fut fonctionnaire de l’administration métropolitaine du Congo et du Ruanda-Urundi.

BERTHOLET Christian, né à Rutshuru, dans le Kivu, le 23 juillet 1947. Il ne fit qu’une seule année à Braine-l’Alleud (1959-60) en 5e latin-math. Il retourna au Collège Notre-Dame de la Victoire de Bukavu où il acheva sa rhétorique en 1966. Il était le fils de Gilbert Bertholet, né à Bohan (1900-1974), planteur, et de Françoise Schwarz.

BIART Georges, né à Stanleyville et est inscrit au CCM pour l’année 1959-60 en 5e primaire. Il est le fils de Louis Biart (1919-1964), qui fut magistrat à Stanleyville et d’Yvette André. Son grand-père, Georges Biart (1895-1969) était également un colonial.

BIRKENWALD Richard, né à Bukavu (Kivu), le 28 juillet 1952. Après avoir effectué sa première année à Regina Pacis, il est envoyé par ses parents au Collège de Braine-l’Alleud (1958-59). En 1960, toute la famille émigre en Afrique du Sud. Après un an, elle s’installe au Canada. Devenu docteur en droit américain, il pratique à Québec et ensuite en Floride. Il est le fils de Gabriel Birkenwald et d’Alice Plees qui tenait le Palace-Hôtel jusqu’à la fin des années 50. Avec son beau-père, Jules-Jean Plees, Gabriel a exploité une flottille de pêche ainsi que les frigidaires « Frigel »[15].

BOUILLET Edouard, né à Kolwezi (Katanga), élève en 3e primaire (année 1957-58). Son père, Paul Bouillet, fut fonctionnaire à la Trésorerie générale (Comptabilité et approvisionnements des impôts et des douanes).

BRIBOSIA Philippe, né à Goma (Kivu) en 1945. Il est inscrit au Collège à partir de 1960-61. Il y passa deux ans (4e et 3e latin-sciences) au terme desquels il continua son parcours scolaire à Villers-Saint-Ghislain. Il étudia la géologie et la minéralogie à l’université de Louvain. Il fut assassiné le 16 août 1967 en compagnie de deux amis, Yves de Munck (condisciple au Collège) et Xavier de Failly. Ils étaient partis en mission ethnographique en vue de réaliser des films de long métrage sur les peuples Kikuyu et Masai. Ils avaient quitté quelques jours auparavant Kampala pour se rendre au Ruanda. Mais s’étant égarés, ils avaient malencontreusement franchi la frontière congolaise où ils furent arrêtés par des soldats de l’armée nationale congolaise qui les exécutèrent[16].

Philippe était le fils d’Alexis Bribosia (1908-1947), administrateur territorial principal et chef de service des Affaires indigènes et de la main-d’œuvre, mort accidentellement à Costermansville[17].

(Source: De Standaard 24/08:1967)

BUREAU Jacques, né à Élisabethville (Katanga). Il passa deux ans an CCM (de 1935 à 1937), inscrit en 8e et 7e préparatoires. Il était le fils de Léon Bureau qui fit une longue carrière au Congo.

BUSSCHAERT Claude, né à Bakwanga (actuellement Mbuji-Mayi dans le Kasaï), le 28 mai 1948. Il est inscrit en 5e primaire pour l’année scolaire 1958-59. Fils de Jules Busschaert, agent de la Forminière[18], et de Jeanine Stengèle.

CHARLIER Jean-Jacques, né à Kilomines ou Bambu Mines (province d’Ituri actuel), le 30 août 1940 et décédé à Ottignies le 13 février 2021. Il est inscrit au Collège pour l’année 1949-50. Fils d’Edmond (Teddy) Charlier (1914-1965) ancien directeur général de Katanga Air Congo et d’Isabelle Witvrouwen (1917-2008).

DEBEN Guy, né à Usumbura (Urundi). Il fit sa troisième primaire au Collège (année scolaire 1957-58). Issu d’une famille de coloniaux puisque son grand-père, Victor (1892-1921) mourut à Kigali à l’âge de 29 ans et que son père, Victor Gustave, naquit au Congo.

DE BONHOMME Léopold, né à Katongo (Kivu). Il passa deux ans au Collège, de 1954 à 1956, en section commerciale. Son mariage avec Jacqueline de Lannoy fut célébré en 1964 par l’abbé Albert Peeters du Collège Cardinal Mercier. Il était le fils du baron Raymond de Bonhomme (1906-1996), agronome et de Madeleine Domken (1906-1978). Son grand-père n’était autre que le major baron de Bonhomme (1873-1949), propriétaire d’une grande exploitation agricole et d’élevage à Katana dans le Sud-Kivu, où il est enterré. Quant à son oncle, Yves de Bonhomme (1916-1974), il laissa un héritage toponymique. Il créa en effet à l’indépendance un quartier connu sous le nom « Lotissement Debonhomme » à Kinshasa, fruit de la transformation de l’importante exploitation agricole développée sous la colonie.

DE COSTER Imre, expert dans la gestion d’entreprise, il est né à Léopoldville. Il fit sa 6e primaire au Collège (1960-61). Fils de Théo de Coster né à Sainte-Adresse (France) le 29 avril 1921 qui fut directeur à la Banque du Congo et administrateur délégué de la Banque de Crédit de Bujumbura. Sa mère, la comtesse Kinga Somssich de Saard était d’origine hongroise.

DE FRANCQUEN Philippe, né à Gandajika (province du Kasaï[19]) en septembre 1940, époux de Brigitte Bauduin. Chirurgien, il étudia deux ans au Collège, de 1955 à 1957, dans la section latine. Fils de Pierre de Francken (1915-1978) et de Valentine Dautzenberg (1911-2008). Pierre de Francken était agronome, président de l’Union des ingénieurs agronomes. Il organisa après la Seconde Guerre mondiale des campagnes de désinsectisation cotonnière dans le sud du Congo.

DE GREEF Pierre, né à Élisabethville, le 21 juillet 1948. Il fit sa deuxième primaire au CCM (1955-56), sa 6e primaire et sa 6e latine ainsi que sa 4e latin-math. Il était le fils de Marcel De Greef, originaire de Mons (1911-1985) ingénieur commercial, chef de service à la BCK (Compagnie du chemin de fer du Bas-Congo) et d’Anne-Marie Delbaere (1923-2010).

DE MUNCK Yves, né à Katana (Kivu). Tout comme son ami Philippe Bribosia, il avait passé toute son enfance au Congo. Le Collège Cardinal Mercier les accueillit les mêmes années (1960 à 1962) et ils quittèrent ensemble pour le Collège Sainte-Marie de Saint-Ghislain. Il venait d’obtenir son diplôme de l’Institut des arts de diffusion avant de partir pour l’expédition ethnographique qui lui fut fatale. Celle-ci devait se terminer près de Kisenyi où la mère de Yves de Munck possédait une plantation.

DENYS Jean-Louis, né à Kindu, le 4 avril 1947. Après avoir étudié chez les Frères maristes de Stanleyville, il passa trois années au CCM, de la 6e primaire à la 5e latin math (de 1958 à 1961). Il était le fils de Paul Denys 1922-2003), chef de secteur chez Belgika et de Fernande Van Lier.

DERMOND Guy, né à Élisabethville. Il fait sa 6e latine au CCM durant l’année scolaire 1954-55. Il est devenu prêtre, salésien de Don Bosco. Fils de Charles Dermond (1909-1966), oblat de Saint-Benoît, ingénieur, chef de district à la Compagnie de chemin de fer du Bas-Congo au Katanga et d’Yvonne Sytor (1909-2000).

DEPPE Robert, né à Likimi dans la province de l’Équateur. Il passa deux ans au collège (6e latine de 1937 à 1939). Sa mort tragique est annoncée dans le Courrier d’Afrique[20] dans les termes suivants : un jeune radioélectricien de Stanleyville, M. Robert Deppe a été foudroyé récemment, en travaillant à une installation de radio. Les parents du défunt, qui vivent en Belgique, sont d’anciens coloniaux. Nous supposons qu’il s’agit de la même personne.

De RYCKMAN de BETZ Alain, né à Stanleyville, le 21 septembre 1914 et décédé le 5 juillet 1984 à Fréjus (France). Il fut élève au CCM durant l’année scolaire 1927-28 en 6e latine. Il fut membre de la Chambre des représentants (suppléant), bourgmestre de la commune de Geetbets (Brabant flamand) et conseiller provincial. Il était le fils d’Edmond de Ryckman de Betz (1889-1955) et Pauline Bajard (1887-1962). Il fut magistrat au Congo belge et avocat à la Cour d’appel de Bruxelles. En 1945, Alain de Ryckman de Betz fut adopté par un parent, Fernand, vice-consul de Belgique et conseiller de la légation du Siam en France.

DEVAUX Michel, et DEVAUX Jean, nés tous deux à Léopoldville, ils passèrent quatre ans à Braine-l’Alleud, de 1946 à 1950. La famille s’était établie au Chenois (hameau de Braine-l’Alleud à l’époque) dans l’immédiat après-guerre. Michel était né le 4 octobre 1935 et décédé en 2015 (ou 2016). Quant à Jean, né le 28 décembre 1939, il est toujours vivant. Il est prêtre dans la communauté des Béatitudes, Frère Jean-Charles de Jésus à Thy-le-Château. Ils quittèrent le collège quand leurs parents, Victor Devaux (1889-1993) et Anne-Marie de Kalbermatten (1906-2001) déménagèrent à Bruxelles.

Victor Devaux, docteur en droit, arriva dans la colonie en 1912 en tant que substitut du procureur du Roi du tribunal de 1re instance de Boma. Après une brillante carrière, il fut nommé en 1940 procureur général près de la Cour d’appel d’Élisabethville. De retour en Belgique après la guerre, il devint conseiller au Conseil d’État, nouvellement créé, dont il en assura la présidence en 1951[21].

DEVOS Guy, né à Léopoldville, le 9 octobre 1942, il fit sa 6e latine (1954-55) au CCM, en provenance du Collège Albert 1er. Il est le fils de Raoul Devos (1901-1970), directeur de société, et de Marie-Thérèse Philips.

DEVREESE Guy, né à Léopoldville. Il fit sa rhétorique au Collège (1961-62) en provenance de Notre-Dame de la Victoire de Bukavu. Il est le fils d’Alfred Devreese, médecin-chef de service des hôpitaux.

DOHOGNE Paul, né à Tschikapa (Kasaï), le 27 janvier 1927 et décédé à Woluwe-Saint-Pierre le 2 mai 1962. Époux de Rosa-Maria Merckx. Il fréquenta le Collège de 1936 à 1939, soit de la 7e préparatoire à la 5e latine. Il fut agent de la Sibeka, ancienne société minière du Bécéka.

Il était le fils de Léon Dohogne (1894-1954), ingénieur agronome. Il entra au service de la Forminière en janvier 1921. En septembre 1932, il est repris par le ministère des Colonies et entame une nouvelle carrière comme agronome de résidence à Kigali où il participe au développement de la culture du caféier arabica. En octobre 1943, il est affecté à la Direction générale de l’agriculture. Il mit un terme à sa carrière au service de l’agriculture coloniale en février 1950[22].

DONCKERWOLCKE Maurice, né à Boende (province de l’Équateur), le 22 juillet 1938. Il passa trois ans au CCM (1948 à 1951) en tant qu’interne. Il était le fils de Joseph (dit José) Donckerwolcke (1906-1995), officier de marine, et d’Élisabeth Wils (1913-1996).

DORVAL Luc, né à Léopoldville, le 29 janvier 1949 et décédé à Upigny le 22 juin 2021. Son frère, DORVAL Yves, agent immobilier, né en 1950, a été assassiné aux Îles Canaries en 1984. Ils n’ont passé qu’une année au Collège (1957-58), respectivement en 3e et 2e primaire. Ils étaient les fils de Robert Dorval, originaire d’Éghezée (1920-2000), ancien notaire à la résidence d’Élisabethville, et de Lucette Simon.

ELSKENS Georges, né à Kinkanda, situé près de Matadi, le 8 mars 1938. Il fit trois années en section latin-grec entre 1944 et 1947. Il était le fils de René Elskens, expert-comptable, directeur administratif de la Petro Congo « Société des pétroles au Congo », et de Marcelle Malandrin.

FLÉMAL Raymond, né à Léopoldville, le 30 mai 1930. Il fut inscrit trois ans en classe préparatoire (de 1937 à 1940). Son père, Raymond Flémal était agent commercial pour la Cie J.V.L. (Jules Van Lancker). Doté d’une très forte personnalité, Van Lancker (1887-1954) passa toute sa vie au Congo où il débarqua dès 1910 pour mener une mission d’études des forces hydrauliques du Bas-Congo. En 1930, il constitue la JVL, une compagnie reprenant ses nombreux actifs dans des entreprises agro-industrielles, pastorales et commerciales[23]. Raymond Flémal apparaît également comme le trésorier de la Fédération congolaise des Anciens Combattants.

GILLET Jean-Michel, né à Matadi, le 27 avril 1943. Il passa quatre années et demie au collège, de 1954 à 1958. Il était le fils de Jean Gillet (1913-1989) et de Jeanne Coureaux. De 1939 à 1960,

Jean Gillet exerça au Congo les fonctions de médecin du gouvernement belge et de directeur du service d’hygiène. Il fut aussi expert consultant de l’OMS pour la bilharziose et les maladies parasitaires. Après l’indépendance, il devint chargé de cours à l’Université catholique de Louvain (UCL). Ses recherches se concentrèrent principalement sur la malaria.

GOETHALS Patrick, né à Kolwezi, le 7 février 1949. Il passa trois ans et demie au Collège, de la 6e primaire à la 5e Latin-grec (1960 à 1963). Auparavant, il avait fréquenté l’école officielle de Shinkolobwe. Il était le fils de François Goethals (1923-2004), agronome et d’Yvonne Scheppers de Bergstein.

GOFFINET Éric, né Bukavu, le 17 juillet 1949. Il passa une seule année à Braine-l’Alleud durant l’année scolaire 1958-59 (4e primaire). Il était le fils de Joseph Goffinet né en 1924 à Carlsbourg, industriel colonial, et de Reine Vanasbroeck.

GOSSET Georges,né à Costermansville et GOSSET Jean-Marie, né à Stanleyville. Ils firent leur 11e préparatoire au Collège, respectivement en 1947-48 et 1948-49. Leur père, Émile Gosset était agent territorial de 1re classe.

GOSSEYE Serge, né à Usumbura en 1944. Il fit une seule année au Collège Cardinal Mercier, sa 5e latine en 1954-55. Il exerça plus tard en qualité de médecin anatamo-pathologiste et professeur dans la même discipline à l’UCL il est le fils de Alain Gosseye (1921-2008) et de Suzanne Machan (1923-2010). Son père était ingénieur des mines et géologue.

GRIMARD Pierre, né à Luebo (Kasaï). Il fréquenta le CCM durant les années scolaires 1954-55 (5e latine) et 1956-57 (4e latine). Il était le fils d’Émile Grimard (1913-2005) administrateur territorial au Congo, et d’Alice Caris (1913-1980).

HERCKENRATH Gaston, né à Élisabethville. Il fit sa 4e Latine en 1957-58. Il est le fils d’Edgard Herckenrath (né à Aalst le 7 mars 1910), chef de division à la Banque du Congo belge (B.C.B.).

HERRY Harold, né à Matadi, en juin 1938. Il a passé deux ans au Collège, de 1950 à 1952 (5e et 4e latine). Il était le fils du baron Herman Herry (Gand 1902 – Buta 1949), représentant d’une société de réfrigération, et de Irène de Limon-Triest (1912-2008). Le couple quitte la colonie au début de la guerre comme nous l’apprend un article du New York Times[24]. Le navire (ss Léopoldville) venait de Matadi à destination de New York. Comme l’a déclaré le capitaine, il s’agissait du premier voyage du navire de 11 509 tonnes vers les États-Unis, sa course régulière ayant lieu entre Anvers et le Congo belge. Quatre familles étaient à bord, dont celle d’Herman Herry, sa femme et leur fils Harold. En plus des dix-huit passagers, le bateau transportait 2 442 tonnes de cuivre, de caoutchouc, de café et des peaux de chèvre dans sa soute[25].

JASKOLD-GABSZEWICK Michel, né à Stanleyville, il fit sa 8e préparatoire, année scolaire 1941-42. Fils de Wladyslaw Jaskold-Gabsezwick, né en Pologne le 14 mai 1904, pays qu’il quitte après l’obtention de son diplôme d’ingénieur agronome en 1928. Il se marie en janvier 1929 avec Suzanne Peyralbe et s’établit peu de temps après au Congo où naissent quatre fils. En septembre 1939, il décide de retourner en Pologne pour aller combattre les nazis. Il meurt le 3 mai 1945 sur le Cap Arcona, navire bombardé par les aviateurs britanniques.

Quant à Suzanne Peyralbe, connue après-guerre sous le nom de Dobrski-Gabeszwicz, elle est devenue assistante sociale attachée au ministère des Colonies. Elle se rendait fréquemment au Congo pour participer à des conférences ayant comme sujet le développement des services sociaux.

KAISIN Philippe et KAISIN Jacques, nés tous deux à Léopoldville. Ils firent une partie de leur scolarité au Collège Albert 1er de Léopoldville, à l’exception de l’année scolaire 1957-58 où ils furent respectivement inscrits en 6e et 5e latine au CCM. Ils terminèrent leurs humanités au Collège Saint-Michel suite aux évènements de juin 1960.

Issus d’une grande famille originaire de Floreffe, ils étaient les enfants de Paul Kaisin (1909-1983) et de Micheline Van Deuren (1918-1989). Le frère de Paul, Félix Joseph (1907-1979) fut un brillant professeur et géologue.

Philippe et Jacques avaient également des grands-pères célèbres. Félix Oscar Kaisin (1879-1948) fut un professeur de géologie réputé. Quant à l’aïeul maternel, il n’était autre que le lieutenant-colonel Pierre Van Deuren (1878-1956), professeur à l’École royale militaire et concepteur en 1915 d’un mortier de tranchée 58 mm qui porte son nom. Il s’intéressa au Congo à partir de 1925 et plus spécialement, à la partie non navigable du fleuve entre Matadi et Léo[26].

KASONGO Cyprien, né à Léopoldville, le 21 mai 1952 et y décède en août 1998. Interne au « Home Bogaerts »[27], il fit sa 3e et 4e primaire à Braine-l’Alleud (1961 à 1963). Il avait commencé sa scolarité au Collège Albert (Jette) et Saint-Jean-Baptiste de la Sales (Bruxelles). Il était le fils de Julien Kasongo qui fut secrétaire d’État au ministère des Affaires étrangères et chef de cabinet du 1er ministre congolais. Julien Kasongo fut un des secrétaires de la Table ronde organisée à Bruxelles du 20/01 au 20/02/1960.

LAMORAL Bruno, né à Élisabethville, le 10 septembre 1940, Interne, il fit sa 5e latin-grec au Collège (année scolaire 1955-56). Il était le fils d’Herman (1911-1990) et de Marie Josée Rommens. La famille était originaire de Courtrai. Au Congo, elle détenait l’imprimerie et Papeterie IMBELCO, dirigée par Arnold Lamoral. Quant à Frans, il était administrateur de la société COBOLCO (Congo-bois et contreplacage).

LEBRUN Olivier, né à Rutshuru, dans le Nord-Kivu. Il fit sa 3e Latine et sa poésie au CCM (années scolaires 1955-56 et 1956-57). Son père, André, était agronome de formation. Il siégea notamment au sein du conseil d’administration de Sarma-Congo (en tant que commissaire) dans l’après- guerre.

LE DOCTE Jacques, né le 17 mars 1927, à Stanleyville et décédé à Bastogne le 28 décembre 2007. Il était ingénieur civil et géologue. Il passa trois ans au Collège (1933-1936) avant de repartir au Congo. Il était le fils d’Ernest Le Docte (1880-1950) et de Jeanne Dury. Son père fut major de l’armée belge et commissaire de district de première classe au Congo belge.

LIBBRECHT Jacques, né à Bukavu. Il étudia au Collège durant l’année scolaire 1953/54, en 6° Latine. Fils de Théophile, dit Théo, Libbrecht originaire de Wetteren (1907-1984), industriel dans la ville de Bukavu, et d’Alexandra Mertens (1910-2002).

LOUWERS Pierre, né à Élisabethville. Il fit sa 6e latine à Braine-l’Alleud (année scolaire 1953-54). Il était le fils de Charles Louwers, agronome qui succéda au commandant Offerman en tant que directeur et conservateur du parc national de la Garamba. Cette station de domestication des éléphants était située dans le Haut-Uele, près de la frontière avec le Soudan Nord. C’est en 1897 que le roi Léopold II eut l’idée de faire capturer des éléphants au Congo et d’en organiser le dressage en vue de leur utilisation comme moyen de transport dans un pays où il n’y avait encore que des pistes incertaines[28]. Les pachydermes servirent également à alimenter le Jardin zoologique d’Anvers.

Charles Louwers était également le neveu du fameux juriste colonial Octave Louwers (1878-1959), célèbre notamment par les « codes congolais » (parfois appelés « codes Louwers ») dont la première édition date de 1914. Il fit partie du Conseil colonial depuis sa fondation en 1908, d’abord en tant que secrétaire, ensuite en qualité de membre et finalement comme vice-président. Il exerça également en tant que magistrat de l’État indépendant du Congo.

MALLIAR Jean-Pierre, né à Élisabethville. Il fit sa 8e préparatoire au CCM durant l’année scolaire 1947-48. Il était le fils de Franz Malliar (1898-1976) et de Adèle François (1908-1995). Docteur en droit, Franz fit sa carrière africaine au sein du Comité spécial du Katanga (CSK) dont il devint le directeur général en 1954. À l’origine (1900), le CSK était un parastatal créé entre l’État indépendant du Congo et la Compagnie du Katanga afin de gérer et d’exploiter les biens de cette dernière. Son rôle évolua après que le Congo soit repris par la Belgique.

MASSART André, né à Tshikapa (Kasaï), le 11 mai 1930. Il fit toute sa scolarité au Collège à partir de la 9e préparatoire de 1938 à 1948. Auparavant, il était à l’école primaire de Braine-l’Alleud, d’où étaient originaires ses parents, Élis Massart (1897-1981) et Alice Senterre (1902-1964). Au Congo, Élis Massart était conducteur de travaux.

MATSOUKIS André, né en 1949, à Élisabethville et décédé à Laneffe en 2001. Il fit sa 6e latine au CCM durant l’année scolaire 1961-62. Il était le fils de Panagotis Matsoukis, né en Grèce en 1906 et commerçant à Élisabethville dans la société éponyme.

MYCKE Roger, né à Tshikapa dans le Kasaï, le 28 avril 1930. Il passa 4 années au Collège, de 1944 à 1948, en section commerciale. Il apparaît diplômé « avec fruit » de l’Athénée royal de Léopoldville au terme de l’année scolaire 1950-51 (fin d’études moyenne du degré supérieur). Il était le fils de Raymond Mycke et de Irma Legardien.

NICOLAI Fernand, né à Kinshasa, le 19 janvier 1919. Il fut élève durant 4 ans à partir de 1927 en section préparatoire. Il fut inscrit au Collège Saint-Louis quelques mois en 1927 lors de sa 8e préparatoire. Il était le fils de Fernand Nicolaï, directeur de l’Intertropical Comfina et de Marguerite Van den Weygaert.

NOTTET Jean-Pierre, né à Matadi. Il passa trois années au CCM (1947 à 1950). Fils de Fernand Nottet (1913-1974) ayant travaillé à la société Cobelfruit à Boma et Céline Godefroid (1915-1957).

OLDENHOVE de GUERTECHIN Bernard et OLDENHOVE de GUERTECHIN Thierry, tous deux nés à Bakwanga (Kasaï). Ils étaient inscrits au « Cardinal Mercier » pour l’année scolaire 1955-56, respectivement en 5e et 3e primaire. Ils sont les fils de Jean Oldenhove de Gueretechin (1918-2011) et de Walburge van Maldeghem. Leur père fut tour à tour administrateur territorial assistant de la province du Kasai, commissaire de district et directeur de la station I.N.E.A.C. (Institut national pour l’étude agronomique du Congo belge) de Rubona (au sud de la ville de Gisenyi). De retour en Belgique, il devint directeur de la clinique Saint-Pierre à Ottignies.

OUDART Pierre, fit toutes ses études primaires dans sa commune natale de Watsa (Province orientale). Sous la recommandation d’anciens élèves du CCM, il s’y inscrit au début des années 60 et il fait son cycle secondaire en tant qu’interne (Juniors et Moyens). Après des études d’ingénieur civil à l’Université de Liège (électricien et mécanicien) et à l’UCL en gestion industrielle, il s’installe en RDC où sont basées ses activités. Il est notamment le fondateur d’Hydroforce Congo et de GSM Oasis (devenue Orange). Il possède en outre une plantation et un centre de pêche au Bandundu (ville portuaire située dans la province de Kwilu)[29].

PAPADOPOULOS Basile, né à Stanleyville, le 25 mai 1952. Interne au Collège, il fut inscrit en primaire durant les années 1961-64. Il était le fils de Théodan Papadopoulos, ingénieur, et de Virginie Chiotellis. Il quitta le CCM en 1964, car ses parents sont retournés en Grèce.

PERSOONS Philippe, né à Bukavu. Il fut collégien de 1960 à 1962 (6e et 5e moderne). Il était le fils d’Édouard Persoons (1910-1971) décédé à Usumbura et de Marie Torfs (1919-2007).

PETRONS Éric, né à Usumbura (Urundi). Il fit au Collège sa 6e latine (1953-54). Son père était gérant d’une société (« Bernard Moteurs ») à Usumbura.

POOT Peter, né à Bukavu. Interne, il passa une seule année au CCM en 3e primaire (1956-57).

POPIEL Paul, né à Élisabethville. Il fréquenta le Collège de 1955 à 1957 (3e latine et poésie). Son père, Stanislaw Chosciak-Popiel (1910-1981), était né en Pologne. Il épousa Irena Wankowicz.et adopta par la suite le nom de Stanislas Popiel. Il fit carrière à la Société congolaise de banque où il devint administrateur.

RADELET Alex, né à Kigali (Ruanda), le 13 septembre 1932. Il passa deux années au CCM à l’occasion de sa 8e préparatoire (1945-46). Il était le fils d’Armand Radelet (1902-1969), éditeur.

RIGHINI Matteo, né à Léopoldville. Il fit sa 4e latine (année scolaire 1956-57). Sa famille était propriétaire du célèbre café éponyme situé place de la Poste à Léo. Elle combinait cette activité avec celle de garagiste (Mayo) et de loueur de voitures. Étant d’origine italienne, le propriétaire eut des problèmes avec la justice en 1940 comme tous les ressortissants des pays de l’axe. Ses biens furent saisis. Le bar fut repris par Arthur Hardy, mais le quartier a conservé le nom de Righini.

ROEKENS André, né à Léopoldville, le 20 janvier 1923. Il fréquenta le Collège de 1936 à 1938 (5e et 4e latin-grec). Il venait de l’Institut Notre-Dame de Cureghem. Il était le fils de Léon Roekens, ingénieur, et de Flore Terwagne.

RUPPOL Henri, né le 26 juillet 1935 à Luozi (situé près de la frontière avec le Congo-Brazzaville). Il a fréquenté deux ans le collège (années scolaires 1948-49 et 1949-50). Agronome de formation, il pratiqua quelques années au Congo. De retour en Belgique, il a travaillé toute sa carrière en tant qu’informaticien chez Philips. Son père, Arthur Ruppol (1902-1965) originaire de Nivelles, était médecin dans la colonie. Le choix du Collège Cardinal Mercier s’imposait dans la mesure où il offrait un internat, non loin des oncles et tantes qui résidaient en Belgique[30]

RUSSO Mario, né à Ango (Province orientale), le 20 octobre 1922. Il fit sa 7e préparatoire en 1933-34. Il était le fils du docteur Philippe Russo.

RYCKMANS Alphonse, né à Usumbura, le 11 septembre 1928 et décédé à Liège le 24 juillet 2006. Il arriva au Collège Cardinal Mercier en 1938 pour suivre sa 8e préparatoire et quitta l’école en 1948 où il acheva sa rhétorique. Il passa quelques années sur le continent africain comme auxiliaire laïque des Pères blancs[31]. Quant à son frère, RYCKMANS Jean-Marie, né à Costermansville, le 1er janvier 1933 et décédé à Uccle le 14 avril 2015, il entama sa scolarité au collège et termina sa rhétorique (latin-grec) au cours de l’année scolaire 1949-50. Une médaille d’or lui fut décernée à cette occasion[32]. Après des études de droit, il succéda à son père comme administrateur délégué des éditions Larcier.

Mais le plus célèbre de la fratrie de quatre enfants est sans doute RYCKMANS Pierre, mieux connu sous son nom de plume de Simon Leys et sa brillante carrière de sinologue. Il n’était pas né au Congo, mais bien à Uccle, le 28 septembre 1935. Grâce à l’excellent livre de Philippe Paquet, nous en savons un peu plus sur son passage au collège de Braine-l’Alleud, où il entra le 1er septembre 1943, dans ce que le système scolaire belge de l’époque appelait la dixième préparatoire, qui correspondait à l’actuelle troisième année du cycle primaire. Il y poursuivit toutes ses études jusqu’à l’obtention, le 30 juin 1953, de son diplôme d’humanités anciennes… Habitant à Uccle, que desservaient des lignes de bus et de tramway, il était un de ces élèves externes qui assuraient la mixité sociale du collège[33].

C’est au Collège Cardinal Mercier qu’il rencontra André Voussure (1928-2003), à l’époque professeur titulaire de rhétorique[34], qui exerça une profonde influence sur le jeune élève et qui acheva d’ancrer en lui une foi chrétienne inébranlable.

(Source RTBF/J. Ryckmans)

Les trois frères étaient les enfants d’Étienne Ryckmans (1890-1955) et de Marguerite Steels (1901-1980). Celui qu’on surnommait « Step », n’était autre que le frère de Pierre Ryckmans (1891-1959), gouverneur général du Congo et du Ruanda-Urundi de 1934 à 1946 et de Gonzague Ryckmans, professeur à l’Université de Louvain et expert en épigraphie arabique. Étienne entama sa carrière professionnelle en 1920 comme agent commercial de l’Intertropical-Comfina, une société d’import-export. En 1933, il se décida à rentrer en Belgique et de reprendre les éditions Larcier.

RYCKMANS Raymond, né à Usumbura, sans doute en 1929-30. Il fit sa 6e latine au CCM. Nous n’avons pu trouver sa filiation. Il est peut-être un cousin des précédents.

SAILLEZ Patrick, né à Bukavu. Il passa une seule année au CCM (1953-54) pour sa quatrième latine. De retour au Congo, il fréquenta le Collège Notre-Dame des Victoires à Bukavu. Il obtint le prix de l’Alliance française pour la meilleure dissertation en rhétorique[35]. Il devint docteur en médecine en 1964 et chirurgien. Il se fit également connaître par ses talents d’aviateur. Il participa notamment en 1987 au raid Paris-Pekin-Paris qui réunissait dix-sept avions légers (monomoteurs) sur 32 000 km. Il pilotait le « Spirit of Brussels ».

(Couverture du livre de P. Saillez)

Il était le fils de Paul Saillez (1905-1964), qui à la base était journaliste au Courrier d’Afrique à Léopoldville. Après la guerre, il quitte cette ville pour Costermansville (Bukavu) pour y prendre la direction de Centre-Afrique, un journal fondé par G. de Bève. En 1963, il devint chancelier à l’Ambassade de Belgique à Budapest. Paul Saillez était également président fédéral de l’Union des agriculteurs du Kivu (UNAKI). Son journal était considéré comme l’expression des colons du Kivu[36]. Son épouse, Jacqueline Rossion (1915-1952), journaliste elle aussi, mourut dans des circonstances dramatiques. L’avion dans lequel elle avait pris place s’écrase près de Kikwit, entraînant la mort de quinze personnes (4 février 1952).

SCHEPPERS de BERGSTEIN Philippe, né à Élisabethville. Il passa deux ans au Collège (de 1957 à 1959) pour y accomplir ses 3e et 4e primaire. Fils de Messire Gaëtan Scheppers de Bergstein (1925-2011), descendant d’une ancienne famille patricienne malinoise, et de Denise Smits (1925-1997). Il est aussi le petit-fils de Joseph Scheppers de Bergstein (1894-1944), engagé volontaire durant la Première Guerre et commandant dans l’Armée secrète durant la Seconde. Arrêté, il fut déporté en Allemagne et mourut dans un camp. Quelques années plus tôt, sa demeure fut occupée par les nazis, qui volèrent ou incendièrent une partie de son contenu. Parmi les objets dérobés, un tableau de Jacob Jordaens, « Le retour de la Sainte Famille d’Égypte ». Plus de quatre-vingts ans plus tard, il réapparut et grâce au « Service de récupération économique », il put être restitué à la famille. C’est Philippe qui eut cet honneur au nom de sa – nombreuse – famille.

« Le retour de La Sainte Famille d’Egypte » de Jacob Jordaens. Philippe Scheppers de Bergstein est le 2e en partant de la gauche (Source VRT News).

SCHOUMACKER René, né à Élisabethville, le 6 janvier 1926 et décédé à Braine-l’Alleud le 4 août 2024. Il fut élève pour l’année scolaire 1937-38 en 6e latine en provenance de l’Institut-Sainte-Marie d’Arlon. Il était le fils d’Albert Schoumacker et de Gabrielle Denys.

SMEETS Paul, né à Stanleyville. Il fit sa 6e latine durant l’année scolaire 1955-56.

SPITAELS Jean-Marie, né à Élisabethville en 1939. Il fit sa poésie et sa rhétorique au CCM durant les années 1954 à 1956. Il était le fils d’un cadre de la Banque belge d’Afrique (B.A.C.). L’avis de naissance paru dans Le Courrier d’Afrique du 5 mai1939 le fait naître à Coquilhaville.

TILMANT Frédéric, né à Stanleyville, le 2 janvier 1950. Il ne resta que quelques mois pour terminer sa 3e primaire en 1958. Il est le fils de Francis Tilmant né en 1914, planteur, et de Germaine Deby (1918-1985). Son père travaillait pour les plantations de Liketi.

Le grand-père de Frédéric, Jules Timant (1877-1936) était célèbre à l’époque puisqu’il fut cité comme un des artisans de l’idée coloniale en Belgique[37]. Économiste et brillant journaliste, il était très consulté pour tout ce qui touchait à la colonie en qualité de secrétaire général de L’Association des Intérêts coloniaux belges. Il était également le directeur du journal « l’Essor colonial et maritime », de « l’Illustration Congolaise » et d’une revue qui s’occupait des problèmes agricoles et de l’élevage au Congo. Et le plus étonnant, c’est qu’il ne s’est jamais rendu dans la colonie. À ceux qui lui en faisaient la remarque, il avait l’habitude de répondre que Léopold II non plus n’y était jamais allé !

TRAMASURE Marc, né à Bakwanga, le 20 octobre 1940 et décédé à Uccle le 21 août 2007. Il fréquenta le Collège pendant l’année scolaire 50-51 en 4e primaire. Il était le fils de Robert Tramasure (Bruxelles, 1911-1952) et de Louise Jourdain. Arrivé en 1939, son père devint médecin à la société des mines d’étain du Rvanda-Urundi.

VAN ARENBERGH Yves, né à Élisabethville, le 2 novembre1930 et décédé à Braine-l’Alleud le 12 mai 2022. Il était l’époux de Elenita Sepulchre (1930-2015), fille cadette de Jean Sépulchre, fondateur et directeur du journal L’essor du Congo[38]. Son frère, VAN ARENBERGH Jacques, né à Élisabethville, le 3 février 1932 et décédé à Fréjus (France) le 11 janvier 2016. Ils fréquentèrent tous deux le CCM dans l’immédiat après-guerre, sans doute après le décès de leur père.

Ils étaient en effet les fils de Paul Van Arenbergh, né à Bruxelles le 24 janvier 1900 et décédé à Élisabethville, le 14 septembre 1944, et d’Évelyne Masoin. En 1926, Paul commença sa brillante carrière en tant que substitut du procureur du Roi auprès du parquet d’Élisabethville. En 1935, il devint procureur auprès de la même Cour et enfin, peu avant sa mort prématurée, il accéda au titre de conseiller à la Cour d’appel du Katanga. À côté de sa carrière de magistrat, Paul Van Arenbergh a également marqué le scoutisme congolais, par sa politique pionnière de formation de cadres indigènes », faisant ainsi preuve de ses grandes qualités humaines et de son engagement pour l’éducation de la jeunesse congolaise[39].

VAN CUTSEM Albert, né à Kambove (Haut-Katanga), le 30 mars 1927. Il passa une année au CCM, en 1937-38 (7e préparatoire). Il était le fils d’Albert Van Cutsem, docteur en médecine et Fortunée Franco. Au vu du lieu de naissance, on peut croire que le père travaillait pour l’Union minière.

VANDEBUERIE Nicolas, né à Léopoldville, le 15 septembre 1939. Il passa près de trois ans au CCM, en 6e latine (1954-55) et commerciale (1955-57). Il était le fils d’Albert Vandebuerie.

VANDENBROUCKE Luc, né à Léo-Kalina. Il fit sa deuxième primaire durant l’année scolaire 1957-58.

VAN DER HOFSTADT Alain, né à Kolwezi. Il fit sa 4e primaire à Braine-l’Alleud, année scolaire 1958/59. Il est devenu historien de l’art (La Cambre, Saint-Luc). Ses parents, Claude Van Der Hofstadt (1920-2000), gérant de sociétés, et Josette Chapelle (1924-2005) vécurent au Congo de 1946 à 1964.

VAN EETVELDE Michel et VAN EETVELDE Edmond, nés tous deux à Léopoldville. Ils furent des élèves du Collège Cardinal Mercier deux ans, de 1958 à 1960. Ils étaient les enfants de l’écuyer André van Eetvelde (1921-1978) et de Marie Henriette Coppieters de Gibson et les arrière-petits-fils du baron Edmond van Eetvelde (1852-1925), secrétaire d’État unique et ministre d’État de l’État indépendant du Congo (EIC).

VAN HEMELRIJCK Paul, né à Usumbura, le 8 janvier 1941. Il fit un court séjour au Collège durant l’année scolaire 1948-49. Il était le fils de Charles Van Hemelrijk, auxiliaire médical, et de Berthe Heuvelsoet.

VAN IN Léopold, né à Basoko (Province orientale). Élève en 2e commerciale durant l’année scolaire 1944-45. Il était le fils de Gustave Van In, fonctionnaire au service des finances et des douanes, et de Lilly-Elisabeth Laureys (1894-1951).

VERHULST Francis, né à Kitega (Urundi), le 25 avril 1925 et décédé à Woluwe-Saint-Lambert le 12 janvier 2011. Il est arrivé à Braine-l’Alleud pour l’année scolaire 1933-34 et l’a quitté au terme de l’année 1941-42. En 1969, Francis Verhulst a été employé par le gouvernement belge pour prendre en charge la gestion et l’organisation du parc d’Akagera. Il continuait ainsi le travail initié par son père. Il était en effet le fils de René Verhulst, né à Tienen le 19 mars 1891 et décédé à Gakoni [Ruanda] le 30 août 1960. René Verhulst a été notamment Administrateur colonial de Kibungu et premier conservateur du parc National d’Akagera (Rwanda) en 1934, date de la visite du prince Léopold et de la princesse Astrid de Belgique. Il le resta jusqu’en 1948[40].

VERHULST Francis et VERHULST Willy, nés tous deux à Jadotville (Katanga). Ils firent une année scolaire dans l’immédiat après-guerre.

VEYS Paul, né à Jadotville, le 14 juin 1949 inscrit à l’internat au CCM pour les années scolaires 1960-63. Son frère cadet, VEYS Pierre, ne resta quant à lui qu’une seule année en 2e primaire. Ils étaient les fils de Hilaire Veys, comptable et de Gabrielle Lecocq. Ils quittèrent le CCM lors du retour en Belgique de leurs parents.

VRANCKEN René, né à Albertville, dans la province du Katanga au bord du lac Tanganyika, le 5 septembre 1928. Il fit toute ses humanités au Collège, de la 7e préparatoire à la rhéto [1939-1946]. Il venait de Genval/La Hulpe. Il était le fils de Max Vrancken (1881-1939), ancien combattant, ingénieur des mines, et de Gabrielle Lecocq.

WAUTIER Pierre et WAUTIER Thierry, nés tous deux à Léopoldville. Pierre, l’aîné en 1948 et Thierry, son cadet, l’année suivante. Ils étudièrent au Collège durant l’année scolaire 1957-58, respectivement en 3e et 2e primaire. Ils étaient les fils de Roger Wautier (1922-2000) et de Jacqueline Horgnies (1921-1985) qui arrivèrent dans la colonie en 1948. C’est sous le conseil de son père[41] que Roger vint au Congo. Pendant 45 ans, il y mena une brillante carrière au service des expatriés et de la population congolaise en tant que médecin principal de l’OTRACO. Il resta au Congo après l’indépendance afin de poursuivre sa mission. Cette vie entièrement consacrée au service des autres lui valut de nombreuses félicitations dont celle du roi Baudouin et de la reine Fabiola. Et, chose assez rare pour un Européen, il fut fait haut dignitaire de l’ordre national du Léopard par le président Mobutu[42].

WAUTIER Philippe. Né à Léopoldville, il fréquenta le CCM un an après les deux frères pour effectuer sa 3e primaire. Il était sans doute un cousin.

WERNER François, né à Shinkasa. Il passa quatre ans au collège, de 1929 à 1933. Il quitta à la fin de sa 3e latine. Nous n’avons pas trouvé de renseignement sur ses parents, mais nous supposons que son père était un militaire. Shinkasa était en effet le nom d’un fort construit de 1890 à 1893 à la demande du roi Léopold II. Il était en effet nécessaire que l’État indépendant du Congo protège l’estuaire du fleuve, revendiqué à la fois par les Portugais et les Français. Le capitaine-commandant d’artillerie Arthur Pétillon fut chargé de cette réalisation et fut aidé dans cette entreprise par Émile Wangermée. En avril 1900, le fort fut l’objet d’une mutinerie de soldats-travailleurs qui fut réprimée rapidement. La construction du fort fut achevée en 1902 par Georges Moulaert.

WILLAME Etienne, né à Élisabethville, en juin 1938. Il fit sa rhétorique en 1956-57. Il était le fils d’Étienne Willame [1907-1976], directeur en Afrique à la Banque du Congo belge et de Yetto Verbruggen.

WILLEMAN Yanec, né à Élisabethville, le 9 mars 1953. Il a fait toute sa scolarité au Collège Cardinal Mercier, de 1959 à 1971. Il est le fils de Jean Willeman, expert-comptable à l’Union minière, et de Teresa Kubiak.

ZIEGLER de ZIEGLEK André, né à Élisabethville, le 6 février 1932 et décédé en 2020. Il fit sa 4e latine au CCM durant l’année scolaire 1948-49. Son frère Baudouin, né à Élisabethville le 28 février 1930 et décédé à Woluwe-Saint-Lambert le 14 octobre 2020 passa les trois dernières années de sa scolarité au collège (1948-51). Il exerça la profession de géomètre-expert. Quant au plus jeune de la fratrie, Thierry, sa présence au Cardinal Mercier dura 4 ans (1948-52) et s’acheva en 6e primaire.

Ils étaient les descendants d’une ancienne famille originaire du Grand-Duché de Luxembourg, les Ziegler de Zieglek Auf Rheingrub.

Leur père, Marie Joseph Guillaume « Josy » (1890-1979), docteur en droit fut gouverneur du Katanga de mars 1948 à avril 1951, ce qui correspond à la scolarité brainoise de ses enfants. Il mourut à Waterloo où il résidait. Il dut certainement son intérêt pour le Congo à l’oncle de son épouse, Adolphe de Meulemeester (1870-1944) qui passa 24 ans de sa vie dans la colonie. Militaire, il y fut vice-gouverneur général du Congo et gouverneur de la Province orientale.

IV — Considérations finales 

Il serait hasardeux de vouloir tirer des conclusions de cette brève étude se limitant à quelques cent et sept élèves nés dans les colonies. Seule une analyse portant sur tous les fils de coloniaux ayant étudié au Collège Cardinal Mercier, nous permettrait de dégager des indications significatives.

Quelques éléments nous semblent toutefois pouvoir être retenus à ce stade.

Tout d’abord, il apparaît que la plupart des élèves nés dans les colonies avaient le statut d’internes, validant ainsi l’obstination du fondateur du Collège[43]. Un seul d’entre eux était originaire de Braine-l’Alleud. La plupart des écoliers appartenaient à des familles n’habitant pas le Brabant Wallon, reflétant ainsi l’origine provinciale des coloniaux. Ceux-ci provenaient majoritairement de Bruxelles (pour les fonctionnaires et les cadres des grandes sociétés), des bassins industriels wallons (pour les techniciens et ingénieurs) et de Flandre.

On peut également noter que certains coloniaux sont venus s’installer dans le Brabant Wallon à la suite de l’implantation scolaire de leurs fils. Ce phénomène s’est amplifié après l’indépendance du Congo et les événements qui en ont suivi.

Enfin, le lieu de naissance des élèves est conforme à l’ancrage colonial belge et couvre les différentes provinces congolaises. La majorité des écoliers étaient issus naturellement des grands centres urbains (Léopoldville, Élisabethville et Stanleyville) et des cités minières. Leurs parents occupaient des professions diverses, sans que l’on puisse dégager une tendance majoritaire : fonctionnaire de l’État, employé dans des sociétés, magistrat, agronome, médecin, militaire et commerçant.

V – Un dernier mot

Cette brève étude mériterait d’inclure TOUS les fils de coloniaux ayant fréquenté le Collège Cardinal Mercier. L’auteur les invite donc à se faire connaître ou indiquer leurs parents, amis ou connaissances. Cette communication pourra rester anonyme si vous ne souhaitez pas que votre nom apparaisse dans la publication finale. Les informations à communiquer peuvent être diverses : années passées au collège, internes/externes, profession de vos parents dans les colonies, votre parcours et tout autre souvenir.

L’auteur remercie vivement Xavier Cambron pour sa relecture de l’article et ses conseils.


[1]Ouvert en octobre 1937 sous le nom de Collège Saint-Albert, il changea d’appellation en 1940 afin d’accueillir tous les enfants européens vivant au Congo. À l’indépendance, il devint le Collège Boboto (« paix intérieure » en lingala).

[2] La Belgique ne souhaitant pas que le Congo devienne une colonie de peuplement, les conditions pour y accéder étaient strictement réglementées : nationalité, examen médical, formation spécifique, avoir un emploi garanti avant le départ, casier judiciaire vierge.

[3] Le premier numéro de la revue sort en août 1927.

[4] L’internat fut une des caractéristiques premières du Collège Cardinal Mercier. Il était déjà présent lors de la fondation. Il ne cessa de se développer avec le temps avec la création de « pavillons » en fonction de l’âge (groupe des Petits, des Cadets, des Moyens, des Seniors…). Parallèlement, dès octobre 1927, le scoutisme s’installe au Collège. Ce sera la 2e troupe du Brabant wallon.

[5] Il souhaitait lui donner le nom de « Collège Saint-Paul » en souvenir de son père.

[6] CARTON DE WIART H., Mes vacances au Congo, Bruges-Paris, éditions Desclée de Brouwer, 1924, 214 p.

[7] La Donation royale, constituée afin d’assurer la gestion des biens légués par Léopold II, fut acceptée par la Belgique en décembre 1903. Elle fut assurée par le Service des domaines du ministère des Finances jusqu’en 1930 où sa gestion est assurée par un établissement autonome, doté d’un conseil d’administration.

[8] Il fut également secrétaire général au ministère de la Guerre. À ne pas confondre avec son homonyme, Auguste Buisseret (1888-1965) qui fut notamment ministre (libéral) des Colonies de 1954 1958.

[9] Pierre Humblet, né à Le Havre le 9/06/1918 était le fils de Florian Humblet, directeur au ministère de la Justice et chef de la Sureté, et de Marie-Madeleine Buisseret.

[10] Voir notamment SONK J.-P., Subversion au Congo belge, in Mémoires du Congo, n° 48, décembre 2018, pp. 18-23.

[11] Les informations contenues dans ce paragraphe sont tirées du livre de CAMBRON X., Histoire de l’internat au Collège Cardinal Mercier 1924-2000, édition Badlands.One, 2021, pp. 45-46.

[12] FAVRESSE D., Importateurs et distribution des médicaments au Congo, in Histoire de la pharmacie coloniale, octobre 1996, p.32.

[13] Alain Autrique sur le site www.stanleyville.be.belgika.

[14] LACROIX J.-L Industrialisation au Congo. La transformation des structures économiques, Edit. FeniXX, p. 307.

[15] Source : www.albertville.be.

[16] Le Soir 23 août 1967.

[17] La ville de Costermansville reprit son nom initial de Bukavu en 1953.

[18] Société internationale forestière et minière du Congo ou Forminière, créée en 1906 dans la province du Kasaï. Elle exploitait notamment les mines d’or, d’argent et de diamants.

[19] Actuellement, province de Lomani.

[20] Edition du 7 novembre 1946.

[21] Source : informations communiquées par Jean Devaux et Emmanuelle de Mathelin, nièce de Victor et cousine de Michel et Jean.

[22] Académie royale des Sciences d’outre-mer, Biographie belge d’outre-mer, T. VII-A, 1973, col. 193-194.

[23] Pour plus d’informations sur Jules Van Lancker, voir Acad. Roy. Sciences d’outre-mer, Biographie belge d’outre-mer, T.IX, 2015, Col. 396-399.

[24] Édition du 18 août 1940 p.5 sous le titre Ship arrives with 18 from Belgian Congo.

[25] Parti de Matadi le 30 juillet et arrivé à New York le 17 août 1940, le ss Léopoldville fut aménagé pour le transport de troupes le mois suivant. Au total, on estime qu’il convoya quelque 124.000 soldats durant la guerre. Le 24 décembre 1944, il fut touché par deux torpilles allemandes et coula au large de Cherbourg. Près de 800 soldats, la plupart américains, périrent. Par ailleurs, on estime que pour la première planche de son « Tintin au Congo », Hergé prit le navire Léopoldville comme modèle (source Wikipedia).

[26] Académie Royale des sciences d’outre-mer, Biographie belge d’outre-mer, T. IX, 2015, col. 391-393.

[27] Bernadette Bogaerts n’est autre que la fille de Anne-Marie Henrion qui s’occupa de maison de « Tante Anne » (internat extra-muros) (source Xavier Cambron).

[28] La Dernière Heure, édition du 27 juillet 1946.

[29] Informations communiquées à l’auteur (février 2026).

[30] Informations communiquées à l’auteur par son fils, Xavier Ruppol.

[31] PAQUET P., Simon Leys : navigateur entre les mondes, éditions Gallimard, 2016, p. 54.

[32]« La médaille d’or a été remise pour la première fois le 17 juillet 1933. Il s’agissait pour l’élève d’avoir été premier dans les six classes d’humanités et d’avoir obtenu au moins huit dixièmes des points en rhétorique » cité par CAMBRON X., Si le collège m’était conté…volume II, éditions IdéeLumineuse, pp. 26-27. Cette médaille fut décernée à 22 reprises et Jean-Marie Ryckmans est le seul élève né au Congo à l’avoir reçue.

[33] PAQUET P., Simon Leys : Navigateur entre les mondes, p.59.

[34] Avant d’en devenir le directeur de 1971 à 1975, André Voussure fut également un brillant élève dans les années 1930.

[35] Courrier d’Afrique, 17 juillet 1957.

[36] La presse quotidienne au Congo, Courrier hebdomadaire du CRISP, 1959/26, 20 p.

[37] VANDERLINDEN F., in Revue coloniale belge, mai 1950.

[38] En plus du journal, Jean Sepulchre crée en 1929 l’imprimerie Belgo-Congolaise (Imbelco) qui joua un très grand rôle dans la vie éditoriale et culturelle. L’Essor du Congo et l’imprimerie seront vendus à des katangais à l’indépendance.

[39] Source : TILMAN S., Le scoutisme au Congo belge (1922-1960) : une école d’élite pour les jeunes indigènes et Académie royale des sciences d’outre-mer, Biographie belge d’outre-mer.

[40] Source: African Parks, Akagera celebrates 80 years of conservation in 2014.

[41] Camille Wautier (1889-1954), capitaine au long cours, ancien commandant des malles au Congo et lieutenant honoraire de la Force publique.

[42] Le parcours de Roger Wautier est raconté par son fils Pierre dans une intéressante vidéo disponible auprès de Mémoires du Congo. De même, il a rassemblé les souvenirs de son père dans un livre Où êtes-vous… docteur Wautier ? Mémoires d’un médecin-chirurgien au service du Congo de 1948 à 1994, 2002, 528 p..

[43] On sait qu’à l’origine du Collège, deux visions s’affrontaient. Celle du doyen de la paroisse de Braine-l’Alleud et initiateur du projet de construction, l’abbé Frédéric Glibert, qui souhaitait une école dans le centre du bourg et destinée aux élèves externes. Et celle, de l’abbé Verbruggen qui la voyait en périphérie et ouvert aux internes, plus propice à suivre ses idées nouvelles en matière pédagogique. On se demande que serait devenu le Collège Cardinal Mercier si on l’avait uniquement réservé aux externes. L’apport des élèves internes a été selon nous déterminant pour la renommée et le prestige de l’école. Et, parmi ces écoliers, ceux issus des colonies furent importants. Ainsi, le 1er septembre 1961, le nombre d’internes atteint le chiffre record de 557 inscrits auquel il faut ajouter 68 résidents chez l’habitant. Ces chiffres ne seront plus jamais atteints ! (Données statistiques figurant dans le livre de CAMBRON X., op.cit).

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