(Avec l’aimable autorisation de BRANIA, revue du Cercle d’Histoire et de Généalogie de Braine-l’Alleud où l’article a été publié initialement – n° 2024/2 pp 3-21).
Origine de la famille
Les Veny[1] sont une ancienne famille brainoise puisqu’un acte de mariage est déjà recensé en 1639[2]. À l’époque et durant tout le XVIIe siècle, le patronyme est écrit VEGNI. Il se transforme dans les premières années du siècle suivant en VENI avant de prendre la forme qu’on lui connaît, VENY. Mais l’histoire serait trop simple si on n’y avait pas ajouté un tréma sur le Y. On sait que cet ajout était relativement fréquent après un A ou O lorsqu’on voulait signifier que l’Y devait se prononcer seul. Mais ici, il suit une consonne, ce qui nous laisse à penser qu’il s’agit peut-être d’un caprice d’un curé repris par l’officier de l’État civil. Ainsi, l’utilisation du tréma est-elle fréquente à l’administration communale de Braine-l’Alleud, alors qu’elle fut totalement ignorée par son homologue de Waterloo. Au XIXe siècle, le tréma est même utilisé par certains signataires d’acte[3].

Les Veny sont originaires du Roussart. Ils sont notamment repris dans le dénombrement de la population de 1709 [4] ainsi que dans celui de 1755[5]. Ils vivent pauvrement, étant cités à différentes occasions comme des assistés de la Table du Saint-Esprit. Dans la seconde partie du XVIIIe siècle, Albert Joseph migre vers le hameau du Mesnil où on le retrouve comme blanchisseur de toiles de lin, activité qui connut une certaine ampleur entre 1780 et 1840[6]. La blancherée [7] du sieur Veny est d’ailleurs citée dans un document de l’époque. Elle était située près de l’embranchement de l’actuelle rue du Ménil avec la rue Pergère. S’en suivirent plusieurs générations de Veny actifs dans l’industrie textile qui fit la renommée de Braine-l’Alleud. Le dernier représentant de la famille dans ce métier fut Prosper Xavier, tisserand de son état, qui mourut en 1917 dans sa demeure située à Merbraine.
La plupart des frères et sœurs d’Albert Joseph qui étaient restés au Roussart devinrent waterlootois lors du rattachement du hameau à la commune nouvellement créée. Leurs descendants fournirent nombre de paveurs, autre spécialité de la région et créèrent ainsi une branche distincte de la famille étudiée.
Pierre Joseph Veny, le bâtisseur
Né le 17 février 1865, Pierre Joseph est le fils de Prosper Xavier et Philomène Springal. Il devint rapidement l’aîné après le décès de Justinien décédé en 1866 à l’âge de 3 ans. Il eut deux frères et une sœur : Adolphe Joseph dit Joseph[8], Jules François[9] et Adrienne Rosalie[10]. En 1900, les six membres de la famille, dont un tisserand et trois maçons {sont recensés} sous Merbraine n° 4[11] .
Mais en cette fin du XIXe siècle, il apparaît déjà que le métier de tisserand n’est plus une profession d’avenir. La construction et les travaux publics recrutent à tour de bras. Tu seras maçon, mon fils ! Un recensement des familles brainoises en 1900 dénombre ainsi 415 maçons et aides maçons sur une population de 8 642 habitants, en faisant la première profession de la cité, dépassant le nombre de paveurs, ouvriers/ouvrières de fabrique ou encore tisserands et teinturiers[12]. Dès le mois de mai 1901 est d’ailleurs constitué au café de l’Estrée à Braine-l’Alleud une Union syndicale des maçons et aide-maçons à l’initiative du député Alphonse Allard et de l’instituteur Gustave Pleunes. En 1902, ce syndicat comptait déjà 574 membres dont 286 originaires de Braine-l’Alleud, 73 d’Ophain et 40 du Chenois[13].
Le choix de Pierre Veny d’embrasser ce métier a sans nul doute été guidé par leur mère, elle-même fille d’un maçon de Haut-Ittre, mais surtout sœur de deux entrepreneurs importants de Braine-l’Alleud, Pierre et Jean Joseph Springal[14]. En 1895, outre les frères Springal, ils ne sont que quelques entrepreneurs à se partager un marché en pleine croissance : Mathieu Mastès et son fils Émile, Jean Joseph Capel et Lucien Delval[15].
La notice biographique de Pierre Springal, publiée par Wiki — Braine-l’Alleud est éloquente et révélatrice des « faveurs » existant (déjà) à l’époque :
Né à Braine-l’Alleud le 13 mars 1837 et y décédé le 14 juin 1911. Fils de Jean-Baptiste Springal et de Marie-Thérèse Cumps. Époux de Marie Parmentier. Maçon puis entrepreneur en construction. Instruction acquise, il entre en association avec Pierre-Louis Glibert, entrepreneur et financier en son temps favorisé par le ministre d’État Édouard Mercier. Il devient ainsi le principal maître – maçon à l’époque où se bâtit tout le quartier de la gare. Il est aussi le maître d’œuvre de plusieurs maisons de la place Sainte-Anne, dont celle de son domicile (n° 16). Il participe à deux reprises aux luttes électorales de notre commune, en 1887 et 1890, en support de la liste catholique. Il termine paisiblement sa vie en rentier.
Guidé et conseillé par un tel mentor, on ne s’étonnera pas que l’aîné des frères Veny se fasse rapidement un nom dans le métier. L’intéressé manifeste un savoir-faire certain et on peut se demander si Pierre Springal ne le considère pas comme son héritier spirituel[16]. Ainsi, dès la fin du XIX° siècle, Pierre Veny s’associe à Émile Mastès pour la construction de trois maisons rue de la Gendarmerie (rebaptisée rue Jules Hans en 1946). Le numéro 31 (actuellement) sera pour la famille Veny, le 33 pour l’entrepreneur Mastès et le 35 pour le fabricant de tissus, Justinien Horlance[17].
À l’instar des Springal[18], Pierre Veny appartient au monde catholique ce qui est important à une époque où l’appartenance politique et confessionnelle détermine l’individu dans les moindres choses de la vie. Il se présente d’ailleurs sur cette liste aux élections communales du 20 octobre 1907, mais il n’est pas élu et n’insiste pas. Il n’est pas fait pour la politique, celle-ci étant davantage considérée comme un attribut de la réussite sociale. Sa fibre catholique ne l’empêche pourtant pas de se marier avec la fille de Prosper Plasman[19], un libéral bon teint, mais aussi un « bon parti ». Prosper est une personnalité de la vie brainoise. Négociant en tissus, il a succédé à Louis Spronck, ancien échevin libéral dans ses propriétés de la rue des Jambes[20]. Mais il est surtout connu pour avoir commandé le premier corps des pompiers communaux entre 1888 et 1899.
Ses liens avec le monde catholique présentent naturellement un certain nombre d’avantages. L’entrepreneur Pierre Veny est ainsi retenu pour la construction des bâtiments de l’Institut Saint-Jacques. Il s’agit d’un chantier important. Ouvert le 1er mai 1879 à l’instigation de la famille Vanham-Darquennes[21], l’Institut quitta les anciens bâtiments industriels de la rue du Château devenus trop vétustes. Il fut donc décidé de les vendre pour acheter le terrain actuel sur lequel fut construit un imposant bâtiment avec salle et habitation de concierge. À ce jour, aucun document officiel de ces opérations n’a été retrouvé et la date exacte du transfert de la rue du Château à la rue de l’Estrée (rue Pierre Flamand) n’est connue[22] [23].

L’Institut Saint-Jacques ne fut pas le seul cas où l’appartenance au milieu catholique a favorisé l’entreprise Veny (d’autant qu’il s’agissait d’un projet strictement privé). L’église de Notre-Dame-du-Bon-Conseil à Noucelles en est également un exemple :
Le vicaire n’a pas perdu son temps : dès 1913, il a fait établir les plans et devis de la chapelle projetée. L’architecte Alexandre Pays de Braine-l’Alleud est chargé des projets d’un bâtiment de plus ou moins 20 m x 7 devant servir à la fois d’oratoire et d’école (2 classes). Plusieurs projets sont réalisés et le projet définitif approuvé est soumis à divers entrepreneurs de la région suivant un cahier des charges du 5 avril 1914 : ce sera l’entrepreneur Pierre Veny de Braine-l’Alleud qui obtiendra l’adjudication, le 11 juillet 1914, pour une église provisoire à ériger à La Bruyère sous Wauthier-Braine. Pour la petite histoire, le devis du gros œuvre s’élevait à 16 447,96 frs, mais ce prix fut majoré de 15 % suite aux difficultés dues au déclenchement de la guerre de 14-18. Le coût final sera de 20 000,60 frs. Les travaux à peine terminés, la chapelle Notre-Dame-du-Bon-Conseil est aussitôt utilisée dès 1915 : le dimanche, pour y célébrer l’office, et en semaine, pour les premières classes ouvertes le 4 octobre 1915[24].
Très longtemps, Braine-l’Alleud a été connue pour ses nombreuses briqueteries associées avec des fours à chaux (calcination de la marne) pour fabriquer du mortier de chaux et des carrières de cailloux de marne pour les fondations et les bases de murs de soutien[25]. En 1910, on ne dénombre pas moins de 18 fours, avec une moyenne approximative de 400 000 briques par four. Jusqu’au début du XX° siècle, les maîtres-maçons étaient aussi des maîtres-briquetiers, dressant leur four sur les lieux de la construction. Ils s’occupaient de la construction de A jusqu’à Z, en échafaudant les plans eux-mêmes, sur base des souhaits et indications des futures propriétaires (p. 15). Pierre Veny possède un four situé au début de la rue de la Croix. En 1908, une plainte le concernant est déposée. L’épisode mérite d’être narré, car il est symptomatique de l’époque :
Des autorisations en bonne et due forme devaient être obtenues auprès des autorités pour l’installation de chaque briqueterie. Des conditions strictes étaient souvent imposées, la plus courante étant notamment que la cuisson des fours de campagne se fasse après les moissons, soit à partir de septembre-octobre {…}. Les lettres de contestation étaient nombreuses et parfois très virulentes. Celle communiquée aux autorités, en février 1908, par les habitants du quartier Saint-Sébastien suite à une nouvelle demande d’installation de briqueterie par Pierre Veny, est un modèle du genre {…} Après enquête, la réponse au mois d’août 1908 sera très claire : l’autorisation d’un chantier de briqueterie est maintenue moyennant quelques (petites) conditions. Monsieur Pierre Veny continuera sa production de briques à cet emplacement pendant encore quelques années (pp.18-19). Et en 1922, Pierre Veny est autorisé à faire une briqueterie à Merbraine (p.20).
Il n’est sans doute pas inutile de rappeler le contexte politique de l’époque. Depuis 1904 — et jusqu’au 1° janvier 1912 —, le collège et le conseil communal de Braine-l’Alleud sont aux mains des seuls catholiques. Une première depuis l’adoption du suffrage universel plural (1895) et que l’on ne rencontrera plus par la suite[26]. Dans son excellent dossier consacré aux élections communales dans la cité[27], Philippe Buchelot nous raconte la passion entourant le scrutin du 20 octobre 1907, celle où Pierre Veny était candidat sur la liste catholique. Un tract a retenu notre attention : Catholiques et gaspillages. Et l’auteur d’ajouter : Sous ces titres, leslibéraux entendent fustiger les travaux inutiles, les dépenses somptuaires, les cadeaux aux amis du régime en place. Les travaux en adjudication soulèvent des invectives, des dénonciations de scandaleux gaspillages…(p.45). Propos de bonne guerre venant de la liste anticléricale ? Nous constaterons seulement que c’est durant cette période que les entrepreneurs Veny assoient ou consolident leur puissance.
En un peu plus de vingt ans, le fils aîné de Prosper Veny, tisserand à Merbraine, est devenu un notable. Il habite dans une des artères les plus prisées de la cité, la rue de la Gendarmerie, anciennement rue de la Station. En 1906, il fait partie des 20 % de la population brainoise disposant de trois voix pour les élections générales[28] et quatre voix au scrutin communal étant donné que les propriétaires atteignant un montant de propriété foncière minimal recevaient un suffrage supplémentaire. Dans la dernière liste électorale établie avant la première guerre, la contribution foncière de Pierre Veny s’élève à 314 francs 43 centimes et sa contribution mobilière à 30 francs 21 centimes[29].

Nous avons évoqué les différentes composantes de son succès, mais il en reste une à aborder, celle des héritages. Son beau-père, Pierre Springal, était un homme nanti. Son patrimoine immobilier et financier était imposant. De son vivant, il jouait volontiers au banquier, prêtant des fonds sur base de garanties hypothécaires. Il laissa plusieurs testaments concernant « des legs particuliers ». L’un d’entre eux établi le 10 juillet 1906 au bénéfice de la fabrique de l’église Saint-Étienne portait sur 500 francs à la condition de créer un obit[30] à la mémoire de {sa} femme Thérèse Parmentier et à {sa} mémoire[31] ». Pour ce qui concerne les biens immobiliers, l’acte établi le 24 juillet 1911[32] soit un mois après son décès, nous donne une idée plus précise de sa fortune :
Devant maître André Gillis[33], docteur en droit, notaire à la résidence de Braine-l’Alleud, ont comparu :
- Monsieur Pierre Veny, entrepreneur demeurant à Braine-l’Alleud ;
Agissant en qualité de mandataire de Madame Philomène Springal, ménagère, épouse autorisée de Monsieur Prosper Veny, tisserand, demeurant au même lieu {…}
- Monsieur François Springal, maçon-entrepreneur, demeurant à Braine-l’Alleud, agissant 1. En nom personnel 2. En qualité de mandataires de {…} (suit l’identité complète de neuf personnes)
Lesquels comparants déclarent vouloir vendre en ventes publiques, aux charges, clauses et conditions suivantes, les biens ci-après désignés : Sous Braine-l’Alleud
- Une maison avec dépendances et jardin, l’ensemble sis place Sainte-Anne, numéro 5, d’une superficie d’après cadastre de deux ares vingt-cinq centiares {…}
- Une maison avec dépendances, sise rue de la Gendarmerie 55, d’une superficie de soixante centiares {…}
- Une maison avec dépendances, sise même endroit, numéro 57, d’une superficie de soixante centiares {…}
- Un terrain à bâtir, à l’état de jardin, sise place Sainte-Anne d’une superficie de trois ares quarante centiares {…}
- La moitié en pleine propriété et la moitié en nue-propriété de : a) Une maison avec dépendances, sise rue du chemin de fer, numéro 7, d’une superficie de un are trente centiares {…} b) L’usufruit de la moitié de ces deux biens appartenant à Madame Céline Clément, veuve de Monsieur Jean Bremaeker, négociant à Braine-l’Alleud.
- La nue-propriété d’une maison avec dépendances et cour, sise rue Sainte-Anne, d’une superficie de un are {…} L’usufruit de ce bien appartenant à Léopoldine Tellier, servante, demeurant à Braine-l’Alleud.
- Une maison avec dépendances et jardin, sise rue de l’Enseignement, numéro 17, d’une superficie de deux ares vingt centiares (…}
De ce qui précède, il résulte que les biens à vendre appartiennent naturellement aux vendeurs : ceux désignés sous les numéros 1, 2, 3 et 4 à madame Veny née Springal à concurrence d’une moitié en pleine propriété et aux enfants de feu monsieur Joseph Springal à chacun à concurrence d’un huitième en pleine propriété ; ceux repris sous le numéro 5 à madame Veny Springal à concurrence d’un quart en pleine propriété et un quart en nue-propriété {…}, celui désigné sous le numéro 6 à madame Veny à concurrence de moitié en nue-propriété {…} et celui repris sous le numéro 7 à madame Veny à concurrence quarante/144e en pleine propriété, à madame Julie Delporte, veuve de monsieur Joseph Springal à concurrence de quarante-cinq/144e en pleine propriété et neuf/144e en nue-propriété et à chacun des enfants de de feu Joseph Springal à concurrence de six/144e en pleine propriété et six/144e en pleine propriété et un/144e en nue-propriété.
Dans un acte postérieur, le notaire établit le résultat des ventes réalisées : les biens 1 à 4 ont été achetés par les époux Louis Larouillière-Van Lierde pour la somme de 23 000 francs ; la maison 5 a quant à elle été attribuée pour le prix de 13 000 francs à Édouard Hasard, négociant, le bien 6 à François Springal pour 1 600 francs et le dernier bien a été racheté par Juliette Springal pour 9 000 francs.
À la mort de Prosper Veny, son épouse hérite de la moitié en usufruit et ses quatre enfants du surplus par quart. De même, lors du décès de Marie Plasman, son époux Pierre Veny hérite d’un quart en pleine propriété et un quart en usufruit et ses trois enfants, Paul, Fernand et Hélène, du surplus par tiers. De quoi, aborder l’avenir avec confiance !
Paul Veny, l’universitaire
Fils aîné des époux Veny-Plasman, Pierre Joseph naît le 22 août 1898. Il est élève de l’école des Frères où le rejoindra son frère Fernand. En 1907, il rentre au Cercle musical, situé rue de la Gendarmerie. Il n’a qu’à traverser la rue. Il est assez bon élève puisqu’on le retrouve quelques années plus tard à l’Institut Saint-Berthuin de Malonne, en qualité d’interne. Un seul Brainois l’a précédé dans cette école réputée. Il s’agit de Joseph Glibert[34].

À l’époque, l’université de Gand, à l’instar de celle de Liège, est réputée pour son enseignement dans cette matière technique. Les étudiants venant de l’étranger y sont d’ailleurs assez nombreux.
Il réussit brillamment les épreuves et il est admis en septembre 1912 à l’université de Gand dans la section des Ponts et chaussées. On imagine aisément la fierté familiale. Nous avons retrouvé dans les Échos de Malonne organe de l’Association des anciens élèves de l’institut Saint-Berthuin, l’avis son admission :
De son passage à Gand, nous avons peu de témoignages et nous doutons même qu’il ait pu mener ses études jusqu’à leur terme au vu des événements de la Grande Guerre et des troubles vécus par l’université elle-même[35]. Il apparait toutefois dans le comité de la Fédération wallonne des étudiants catholiques pour les années 1913-14 en qualité de commissaire[36]. Cette fédération est en fait une section de la Société Générale des étudiants catholiques fondée en mars 1880 pour tenir tête au mouvement libéral particulièrement actif au sein de cette université. L’association est surnommée la « Gé » ou « Gé catholica » et a un cri de ralliement, le chant des calotins qui fait référence à la calotte universitaire[37].
L’insouciance dans ce que l’on a appelé la « Belle époque » va subitement prendre fin et se transformer en un conflit sanglant. Une loi signée le 14 décembre 1909 avait remplacé le service militaire par tirage au sort en lui substituant le service militaire obligatoire. Cette loi imposait que chaque famille mette un fils à la disposition de la patrie. Chez les Veny, ce sera le fils aîné. Faisant partie de la levée 1915, il ne sera finalement appelé sous les drapeaux qu’en 1919. Cela peut paraître surprenant alors que la Belgique est en guerre. Mais en fait, l’armée était en pleine réorganisation et l’occupation rapide du territoire fit que seulement 20 % des hommes mobilisables furent incorporés[38]. La situation se régularisa progressivement après le conflit. La loi du 1° mars 1919 prescrit l’appel progressif sous les armes des miliciens de 1914 à 1918 qui avaient, pour la plupart, échappé jusqu’alors au service militaire. Ils formèrent ce que l’on appela le contingent spécial de 1919[39].

Entré au service actif le 15 juillet 1919 sous le numéro matricule 172.3740, le brigadier Paul Veny fit son service dans l’artillerie. Il fut mis en congé le 1° juin 1920. Il put ainsi reprendre son travail d’entrepreneur, fonction sous laquelle il apparaît dans les différents actes officiels jusqu’au début des années 40.
Le 6 août 1922, il épouse à Braine-l’Alleud Justine Julie Gilbert de Couture-Saint-Germain. Dans l’acte de mariage, ses beaux-parents sont décrits comme rentiers, domiciliés dans la commune[40]. Ils eurent deux enfants. Volontiers affable, Paul apparaît comme une personne sociable s’insérant dans la vie de la commune. Il est notamment très actif au niveau du Cercle musical tout comme son père. Nous avons retrouvé une photo prise vers 1920-1923 dans le jardin de Léon Vanham, avenue Léon Jourez (collection Jean-François Piraux).

Le 25 septembre 1937, Paul est victime d’un accident de la route, à Neigem, près de Ninove (Flandre-Orientale)[41]. Au volant de son automobile, il a heurté une charrette à trois roues tirées par un cheval. Le fermier en a été éjecté et s’est blessé à la jambe. Le constat indique que le conducteur n’était pas sous l’emprise de l’alcool. Paul Veny fut condamné à une amende de 350 francs par le Tribunal correctionnel d’Audenarde sous le motif de manque de précaution.
Appartenant traditionnellement à la famille politique catholique, l’aîné des Veny va succomber aux « charmes » des joutes électorales à l’occasion du scrutin du 16 octobre 1938. Trois listes se disputent les suffrages des électeurs dans un climat électrique attisé par le contexte international : la liste socialiste, la communiste et les Intérêts communaux. Ceux-ci rassemblent catholiques, libéraux et rexistes. Et, parmi ces derniers figurent Paul Veny, qui, à l’instar d’un certain nombre de catholiques, a été séduit par les idées de Rex et de son fougueux leadeur. Léon Degrelle s’est d’ailleurs « produit » à deux reprises en 1936 à Braine-l’Alleud. En dépit de bons résultats (cinq conseillers communaux sur douze), la liste Intérêts communaux fut vaincue par les socialistes et Paul Veny ne fut pas élu malgré ses 414 voix de préférence[42].
Selon différents témoins, il semble que Paul Veny avait mis un terme à son aventure rexiste dès le début de la guerre.
Fernand Veny : le banquier
Le lundi 22 août 1898 naît Fernand Jules Joseph Ghislain Veny[43]. Il est le cadet de la famille. Contrairement à Paul, il ne semble pas avoir laissé beaucoup de traces dans la vie locale durant les vingt premières années de sa vie. Mais il se rattrapera par la suite !
Celui qui se présente comme entrepreneur de travaux publics épouse le 20 août 1921, Louisa Ghislaine Félicie Bilande née à Enghien le 25 septembre 1895. Institutrice à l’école de Mont-Saint-Pont, elle n’est autre que la fille de Louis Joseph Bilande[44], bien connu des Brainois. Parcours atypique que celui de cet ancien marchand de bois à Saint-André, devenu clerc du notaire Gillis, avant d’être nommé gardien officiel du monument « le lion de Waterloo ». Il fit construire une grande demeure à côté de la butte qui devint l’hôtel-restaurant de la Paix. Sa fille Ida l’exploita avec son mari, Anatole Héraly[45].
Nous devons à Louis Bilande, l’une des seules photographies (à notre disposition) de Fernand Veny. Il a réuni autour de lui tous ses fils et beaux-fils, en habits et portant fiers le chapeau buse. Le cliché doit dater de 1924/25. Il a été pris devant la butte du Lion de Waterloo. On y reconnait :
Assis de droite à gauche : Léon Bilande, Louis Joseph Bilande, Pierre Elsen, Fernand Jadin. Debout de droite à gauche : Fernand Bilande, Fernand Veny, Anatole Héraly, Jules Bilande, non identifié. Qui peut être ce beau jeune homme qui est le seul à esquisser un sourire ?

En cette période d’après-guerre, souvent qualifiée d’années folles, la Belgique s’adonne au libéralisme économique. Et le plus souvent sans restriction. La reconstruction du pays, le dynamisme de nos entrepreneurs, mais aussi une frénésie d’achat de biens de consommation, alimentent la machine. Même la crise d’octobre 1926 qui conduit à la stabilisation du franc au septième de sa valeur d’avant 14 n’arrêtera pas cette course effrénée.
Le secteur bancaire participe activement à ce mouvement. Deux phénomènes se cumulent. D’une part, les établissements les plus importants se consolident et participent au capital d’entreprises industrielles. Ce sont les banques mixtes. Parallèlement, on assiste à la prolifération du nombre de banques, certaines souvent petites et même fantaisistes qui ne purent résister au retournement du cycle économique[46]. Jusqu’en 1934, on pouvait constituer une banque comme n’importe quelles autres sociétés commerciales. Aucune obligation légale particulière ne leur était imposée et le seul frein à leurs entreprises était l’esprit de prudence et la modération de leurs dirigeants[47]. C’est dans ce contexte que Fernand va constituer « sa » banque, celle censée assoir davantage le succès de la famille.
La « Banque Veny & Cie » est créée en 1924/25 au 49 avenue Léon Jourez (correspondant au 89 actuellement). Elle est constituée sous forme de société en nom collectif, raison sociale présentant nombre d’avantages tels que la protection du secret des affaires et un minimum de capital. De plus, elle donne l’image d’unité familiale, car elle témoigne de l’engagement d’une famille, qui s’est déjà fait un nom dans les affaires. Mais il y a naturellement un inconvénient important. Les associés sont personnellement responsables des dettes de l’entreprise. Autrement dit, les créanciers pouvaient directement s’adresser aux associés afin de satisfaire leurs créances, sans passer par la personne morale.

Les banques établies à Braine-l’Alleud sont relativement peu nombreuses. Aux côtés de la Caisse Générale d’Épargne et de Retraite qui put profiter d’un guichet mis à sa disposition par l’administration des Postes pour alimenter son fameux livret d’épargne, on ne trouvait que deux banques commerciales. La Banque Générale du Centre, filiale de la Société Générale de Belgique La Louvière ouvrit en 1913 une succursale au 29-31 avenue Léon Jourez. Quant à la seconde, le Crédit anversois[48], elle s’installa place de la Régence (actuellement place Abbé Renard). Il faut remarquer qu’à partir de 1919, on assiste à un mouvement important et général d’implantation d’agences dans le système bancaire. Celui-ci s’explique par l’extension du nombre d’épargnants, résultat de l’enrichissement des campagnes durant les hostilités et le goût du public, en cette période d’instabilité monétaire, pour les placements en valeurs mobilières, voire pour les opérations purement spéculatives[49].
Tant la Banque Générale du Centre que le Crédit anversois avaient une vocation « universelle » dans la mesure où ils prenaient des dépôts et des ordres de bourse et octroyaient des prêts. Ils étaient concurrencés par des agents de change tels Émile Barbier & Théo Dejean sis rue Schépers ou encore le Comptoir boursier brainois — Georges Bigoult en face de la gare.


La constitution d’une société en nom collectif exigeait deux associés au minimum. Fernand Veny trouvera son partenaire en dehors de son cercle brainois, en la personne d’Armand Latinis, né à Oisquerq le 29 juillet 1893[50]. On ignore tout des circonstances de la rencontre et des raisons de cette alliance, mais on peut supposer que l’expérience bancaire d’Armand a vite convaincu Fernand de l’intérêt d’une association. Le premier apportait les capacités professionnelles alors que le second fournissait le réseau et les deniers.
Mais en fait d’expérience, celle d’Armand Latinis pose question. Il a travaillé au siège bruxellois de la Banque hypothécaire et immobilière d’Anvers, sans doute à partir de 1919[51]. Il obtient une procuration en février 1921 et est promu sous-directeur en novembre de la même année[52]. Tous ses pouvoirs lui sont retirés fin 1922 en même temps que trois autres personnes, dont Georges Fabronius qui avait été promu en même temps que lui et deux mandataires avec qui il pouvait signer[53]. Interpellant.
De l’activité de la banque durant ses quatre années d’existence, nous n’en savons peu de choses. Pas de publicités dans les journaux locaux ce qui est pour le moins surprenant. On imagine que l’établissement ne prêtait pas d’argent et se limitait à la collecte de dépôts dans un cercle restreint. Et ces fonds étaient réinvestis dans des placements particulièrement rémunérateurs, mais aussi très risqués. La banque comptait au moins un employé en la personne d’Albert Olivet qui lors de son mariage le 18 août 1925 avec Hélène Veny, la sœur de Paul et Fernand, décline employé de banque comme profession.
Dans une conjoncture particulièrement incertaine, marquée par une sérieuse dépréciation monétaire et une frénésie spéculative, les banques sont très exposées et, à plus forte raison celles qui ont été créées à la légère. La Banque Veny ne survivra pas à cette tempête annonciatrice du krach d’octobre 1929 aux États-Unis, mais qui dans le cas de l’établissement de Braine-l’Alleud n’est aucunement lié.
La faillite de la Banque Veny & Cie
En décembre 1928, la banque cesse brusquement ses paiements. Une réunion de tous les créanciers est convoquée au siège de l’établissement. Dans sa « Une » du 22 janvier 1929, le quotidien socialiste révèle ce qu’il appelle un scandale financier. Les informations seront reprises succinctement le lendemain par La Wallonie et La Gazette de Charleroi , de même tendance politique. Pas un mot par contre dans les autres journaux, à commencer par la gazette locale, L’Annonce brabançonne.

Sous la plume de Frédéric Denis, on peut notamment lire que lors de la réunion avec les créanciers, ceux-ci apprenaient que leurs dépôts avaient disparu dans des opérations malheureuses et qu’il ne leur restait qu’à s’entendre entre eux pour ne pas perdre jusqu’à leur dernier bouton de culotte. Le passif estimé par les banquiers eux — mêmes s’élèvent à plus de deux-millions. On offre aux créanciers 20 % de leur créance par paiements échelonnés. Ce pourcentage dérisoire serait garanti par un immeuble et des meubles ainsi que par une certaine somme que le père d’un des banquiers {comprenez Pierre Veny} mettrait à la disposition de la masse à condition qu’il n’y ait pas de poursuites.
Cette proposition fut rejetée et plainte déposée. Un jugement est prononcé le 7 février 1929 par le tribunal de première instance de Nivelles[54]. On y apprend que la plainte a été introduite par Justinien Plasman, boulanger, domicilié à Ophain-Bois-Seigneur-Isaac. La faillite de la banque ainsi que des deux associés solidaires est prononcée. Le jugement fixe provisoirement au 7 août 1928 l’époque de la cessation des paiements des faillis {et} nomme monsieur Netzer, juge de ce siège commissaire aux faillites et maître Paul Collet, avocat à Nivelles, curateur. Les créanciers sont invités à déposer aux greffes du tribunal la déclaration de leurs créances avec les preuves à l’appui avant le 26 février 1929. La cour ordonne également l’apposition des scellés sur les meubles et effets de la société et sur ceux de chacun des associés.
Dans l’article précité du journal Le Peuple, on peut également y lire qu’un certain nombre de plaignants constatent que les banqueroutiers appartiennent au monde clérical tout-puissant et ils en tirent des conclusions peut être hâtives et, que pour cette raison, nous ne ferons point nôtre en attendant que la justice ait eu le temps de suivre son cours {…} Sur les cent-soixante-dix victimes, on compte trente à quarante commerçants. Les autres sont des ouvriers {…} Il y a parmi eux des gens, plus malheureux encore que les autres, dont la guerre avait détruit le foyer et dont la finance a détruit les dommages, des soldats, des déportés qui perdent leur pécule, des vieux qui espéraient, en spéculant sur des titres, arrondir leurs maigres rentes {…} Ils accordaient leur confiance à des banquiers qui eux aussi spéculaient, mais avec l’argent des autres. Cette confiance dans certains cas dépassait les limites de la candeur.
Le journaliste volontiers moralisateur termine son article par la conclusion suivante :
Et nous pouvons ajouter que si les gens de Braine-l’Alleud et d’ailleurs, au lieu d’écouter le chant de la sirène avaient déposé leurs économies dans les banques ouvrières qui ne promettent pas ce qu’elles ne peuvent tenir, mais qui font des placements sûrs, à l’abri de toute surprise, en servant un intérêt raisonnable, ils possèderaient encore les quelques de mille qu’ils avaient péniblement gagnés et qu’ils ont bêtement perdus.
Le 24 octobre 1929[55], le tribunal admet la plupart des créances sur base du rapport du juge-commissaire. Quelques autres seront acceptées le 5 décembre[56], mais les demandeurs seront condamnés aux dépens au vu de la tardiveté de la production. Au total, ce sont 183 créances qui ont été admises au passif de la banque, pour une somme totale de 2.083.239,47 francs. Elles comprennent treize créances privilégiées pour un total de 37.643, 53, toutes les autres étant chirographaires[57].
Ce chiffre est sans doute sous-estimé, un certain nombre de créanciers ne souhaitant pas se déclarer de peur du quand dira-t-on ou simplement de la honte de s’être fait piéger. Il en va ainsi pour Jules Gelline (1880-1948), menuisier de son état et membre du Cercle musical. Il habitait place Cardinal Mercier. Un de ses parents, Etienne Bayens, indique que le comportement de Jules Gelline prouvait à souhait qu’il avait été très marqué par la perte de son argent placé dans la banque Veny. Cette histoire a profondément impressionné sa famille puisqu’elle a été colportée jusqu’à aujourd’hui…[58] ». Jules Gelline n’est pas repris parmi les créditeurs de la banque.
L’examen de la liste des créanciers admis nous permet de tirer certaines indications. Tout d’abord, mais ce n’est pas une surprise, la plupart des déposants sont Brainois ou de communes avoisinantes. Exception notable, deux agents de change bruxellois à savoir Farin & Cie et A. Gondry. Les déposants sont pour la plupart des maçons, paveurs, agriculteurs ou commerçants attirés sans doute par la rémunération du capital investi. La créance la plus importante (près de 130.000 francs) est détenue par un jardinier brainois, Denis Brassart, domicilié place de la Gare[59].
Force-nous est également de constater qu’aucun membre de l’establishment catholique brainois n’y figure. Les familles Vanham, Allard ou Glibert ni le notaire Gillis ne semblent avoir fait confiance dans l’aventure bancaire de Fernand Veny. On remarquera également la relative faiblesse des créances « familiales ». Celle des Veny s’élève à 67.219,75 réparties entre le père, l’oncle et la sœur. Quant à celle de la belle-famille Bilande, elle se chiffre à 36.219,75. Mais le juge ayant fixé au 7 août 1928 la cessation des paiements des faillis, on ne sait trop ce qui s’est passé durant la période dite suspecte. On peut également s’étonner de ne pas trouver dans cette liste le frère de Fernand, à savoir Paul Veny.
Une réunion des créanciers fut convoquée pour le 7 novembre 1929 pour la formation du concordat. N’ayant trouvé trace des résultats de cette réunion, on peut douter qu’elle se soit tenue. Il n’y avait plus rien à récupérer.

Épilogue
On imagine volontiers que les protagonistes de cette sale affaire n’étaient plus les bienvenus à Braine-l’Alleud. Fernand Veny et les siens trouvèrent refuge à Forest (rue Rodenbach) d’abord, et à partir de 1935, à Saint-Gilles (rue de Savoie)[60]. La discrétion est de mise. Ainsi, sont-ils repris dans l’Almanach sous l’intitulé Travaux « Bil » publicité, rue Rodenbach 45 tél : 37.44.54. Louisa Bilande s’occupe en effet de divers travaux d’écriture à domicile. Fernand meurt le 8 janvier 1939 à Saint-Gilles à l’âge de quarante ans. Aux dires de certains (y compris de la famille), il se serait suicidé. La déclaration de décès est établie par Paul Veny et Léon Bilande, beau-frère du défunt.
De l’autre associé, on ne sait rien. L’adresse mentionnée dans les jugements varie entre Nivelles et La Louvière.
La sœur de Fernand et son mari, Albert Olivet, quittèrent également Braine-l’Alleud pour s’établir à Saint-Gilles (rue du Stade). En 1952, le couple se domicilie place Constantin Meunier à Forest. On peut supposer qu’Albert a retrouvé du travail dans une banque en qualité de fondé de pouvoir.
Finalement, de la fratrie, seul Paul Veny ne quitta pas la commune. Pourquoi l’aurait-il fait ? Il ne semble pas avoir été impliqué dans les affaires de son infortuné frère. Il conserva ses activités sociales et se présenta même aux élections. Durant la Seconde Guerre mondiale, il reprit l’épicerie de son beau-frère Raoul Gilbert, située place du Môle[61]. Un rôle de commerçant dans lequel apparemment il excellait !

La fin de sa vie fut douloureuse. Il était devenu diabétique. Il contracta la gangrène ce qui entraîna la perte d’une jambe[62].
De toute la famille, ce fut sans aucun doute Pierre, le père et patriarche, qui fut le plus affecté. Son nom était gravement entaché par cette faillite, lui qui en avait fait une référence dans la commune grâce à son métier d’entrepreneur.
En septembre 1929, une annonce de vente publique de la maison de feu Prosper Veny à Merbraine laisse entendre que Pierre se préparait à devoir assumer certaines dépenses… On notera que le notaire instrumentant est Paul Glibert et que celui-ci se fait assister par un confrère de Grez-Doiceau. C’était peut-être une mesure de précaution du notaire dans la mesure où il détenait une créance privilégiée à l’encontre de la banque Veny et de ses associés.

Pierre Veny mourut dans sa demeure le 24 novembre 1939, quelques mois après son fils Fernand. Se sont-ils revus ? Rien n’est moins certain. Son décès fut déclaré à la commune par Paul, le fils aîné et Albert Olivet, le gendre.
En cette année 1939 s’achevait ainsi la chute des Veny.
*L’auteur tient à remercier Philippe Buchelot pour avoir accepté de relire le texte et d’y avoir apporté certaines précisions.
[1] Nous utiliserons cette graphie dans cet article.
[2] Mariage Guillaume Vegny — Jeanne Guignet 21/11/1639 (Registres paroissiaux de Braine-l’Alleud).
[3] Signature de François Xavier Venÿ lors de son mariage le 21/07/1830 (Registres paroissiaux de Braine-l’Alleud).
[4] « Roussart : Pierre Veny, Marie Sto… sa femme, enfans Gille et Élisabeth Veny (4 personnes) » p.175
[5] « Humbert Veny ouvrier et pauvre, sa femme, un enfant d’un an » ; « Pierre Joseph Veny, ouvrier et pauvre, sa femme, deux enfants de 4 et 1 an » ; « Gille Veny, le jeune, ouvrier, sa femme, trois enfants de 8, 4 et 1 an » ; « Gille Veny, le vieil, sans stil et pauvre, sa femme, une fille de 19 ans ».
[6] Cité dans Wiki – Braine-l’Alleud sous Arnould Jean-Baptiste.
[7] Lieu où l’on blanchit les toiles.
[8] Né le 13/09/1866, il épousa le 24/06/1905 à Archennes, Marie Mathilde Antonneaux. Il se domicilia à Bruxelles où il exerça le métier de surveillant des travaux aux chemins de fer.
[9] Né le 13/03/1869, il resta célibataire. Maçon de profession. Il se domicilia au 48 chaussée de Mont-Saint-Jean (actuellement avenue Léon Jourez) en 1910 venant de Merbraine. Sa mère, veuve en 1929, le rejoignit jusqu’à son décès (source : Jean-Marie Laus, échange avec l’auteur).
[10] Née le 19/04/1871, elle épousa le 28/12/1901 Eugène Camusel, fabricant de chaussures.
[11] In Glanures au fil du temps, n° 45, 2000, p.36.
[12] Jean Bosse, « Les familles brainoises en 1900 » in Glanures au fil du temps, n° 45,46 et 47, 2000/2001.
[13] Source Wiki – Braine-l’Alleud.
[14] Jean Joseph Springal o 26/01/1845 + 19/09/1898 x Braine-l’Alleud 22/01/1872 Julie Delporte. Sept enfants naquirent du mariage.
[15] In Almanach général du commerce, de l’industrie, de la magistrature et de l’administration 1896, vol. 47 ; éditeur A. Rosez.
[16] Le couple Pierre Springal – Marie-Thérèse Cumps n’eut pas d’enfants.
[17] Le groupe d’habitations dites maison Melon du nom de Pierre Melon, gendre de Justinien Horlance (source : Philippe Buchelot, échange avec l’auteur). Les terrains avaient été acquis en 1896 des héritiers d’Auguste Fortamps, notaire à Wavre. Dans les années 1950, les élèves de l’école moyenne de l’État eurent cours dans ces maisons Melon.
[18] Pierre Springal s’est présenté à deux scrutins communaux (16 et 23 octobre 1887 ainsi qu’à celui du 19 et 26 octobre 1890), mais il n’a jamais été élu.
[19] Né le 31/12/1835, il épouse le 4/11/1858 Joséphine Nonnon. Il est un des fondateurs de la mutuelle de secours ouvriers l’Alliance. Il décède le 10/06/1899.
[20] Source Wiki — Braine-l’Alleud.
[21] L’Institut Saint-Jacques fut créé en réaction de la loi du 1er juillet 1879 du ministre de l’Instruction publique, Pierre Van Humbeeck, dite « loi du malheur », par laquelle (1) toutes les communes devaient posséder une école primaire (2) elles ne pouvaient adopter une école libre existante (3) les professeurs devaient possédés un diplôme délivré par une école normale officielle et (4) dans les écoles publiques, les cours de religion devaient être enseignés en dehors des heures de classe et à la demande des parents.
[22] E. Drooghaag, 1879-1979 Centenaire de l’Institut Saint-Jacques Braine-l’Alleud, Association du musée, p.13.
[23] En tout cas, la construction des nouveaux locaux est antérieure à 1903, date de l’arrivée des Frères maristes.
[24] Adrien Glibert, « L’église et la paroisse Notre-Dame-du-Bon-Conseil à Noucelles » in Revue d’histoire religieuse du Brabant wallon, Tome 10, fascicule 1, p.4.
[25] Le paragraphe qui suit s’inspire de l’article très complet de Alain Lacroix, « Braine-l’Alleud et sa région au temps des briqueteries », in Brania, 2018/2, 38 p.
[26] Il fallut attendre 1965 pour que le PSC, lointaine émanation du parti catholique, revienne au pouvoir, mais cette fois en coalition avec le Parti libéral.
[27] Philippe Buchelot, « Aux urnes, citoyens — les élections communales et la vie politique locale à Braine-l’Alleud 1830-2006 », in Brania 2006/2-2007/1, 124 p.
[28] Liste des électeurs – Généraux, provinciaux et communaux du 1er mai 1905 au 30 avril 1906, Imprimerie Gustave Castiaux, Braine-l’Alleud.
[29] Liste des électeurs – Généraux, provinciaux et communaux du 1er mai 1913 au 30 avril 1914, Imprimerie René Gosseaux, Braine-l’Alleud.
[30] Du latin obitus, service religieux célébré en mémoire d’un défunt à la date anniversaire de sa mort.
[31] Acte du notaire André Gillis du 21/06/1911
[32] Acte du notaire André Gillis, AGR répertoire 5117.
[33] André Gillis apparaît comme le notaire attitré des Springal et des Veny. Il était né à Thisnes-lez-Hannuz le 29/09/1863. En juin 1896, il reprend l’étude du notaire François Hautrive. Il y instrumenta jusqu’en 1927. Il fut également échevin des Finances et des Travaux publics lors de la majorité catholique (1904-1911). Il mourut à Braine-l’Alleud le 13/08/1949.
[34] Joseph Clément Gustave Marie Glibert ingénieur brassicole (o Braine-l’Alleud 30/08/1886, y + 10/06/1927), fils ainé d’Alfred Glibert, maître brasseur, fondateur de la brasserie Gé-Vé, et de Clémence Vanham. Il était le frère de Paul Glibert, notaire.
[35] En 1916, le gouverneur général de la Belgique occupée, Moritz Ferdinand Freiherr von Bissing, fit « flamandiser » l’université de Gand.
[36] In Almanach de la Générale gantoise des étudiants catholiques 1914, Ed. Vanderpoorten, Gand, MCMXIV, p.299.
[37] Source Wikipédia.
[38] Source Wikipédia.
[39] Centre de documentation de l’histoire des forces armées, Histoire de l’armée belge tome 2 De 1920 à nos jours, Ed. André Grisard, 1988, 366 p.
[40] Avenue Albert 1°.
[41] Vooruit, 28/09/1937.
[42] Philippe Buchelot, op.cit., pp.67-73.
[43] À ne pas confondre avec Fernand Veny né à Waterloo le 16/02/1893, fils de Jean-Baptiste et Rosalie Theys.
[44] Louis Bilande naquit le 21/06/1861 à Saint-Germain dans le Namurois. Il s’installa à Braine-l’Alleud en août 1892. Il s’est éteint le 31/07/1937 dans sa maison au pied de la butte.
[45] Source : Marie-Pascale Vandekerchove (Geneanet) Généalogie de Michiel Vanderkerchove (épouse Mariette Bilande).
[46] Guy Vanthemsche, L’élaboration de l’arrêté royal sur le contrôle bancaire (1935), p.423.
[47] Luc Hommel, François A. Smets, Le statut légal des banques et des banquiers en Belgique, Bruxelles, Établissements Émile Bruylant, 1935, p.11.
[48] Banque fondée en 1898 avec le soutien du Comptoir national d’escompte de Paris. Au début des années 30, elle était la quatrième banque belge. Par la suite, elle subit les conséquences de la crise de 29 et fut mise en liquidation (1939-1941).
[49] Jacqueline Rassel-Lebrun, « L’emprise de la Société Générale et de la Banque de Bruxelles » in https://connaîtrelawallonie.wallonie.be, p. 234.
[50] Il épouse le 4/12/1915 Irène Gandibleu à Quenast, née dans cette même cité le 29/08/1891.
[51] Il s’inscrit à la commune de Saint-Josse-ten-Noode le 18/02/1919 tout en « conservant sa résidence principale à Virginal ».
[52] Source : De Schelde, 14/02/1921 et 15/11/1921.
[53] Annexes au Moniteur belge, acte 316319 daté du 2/01/1923.
[54] Archives de l’État Louvain-la-Neuve, inventaire F003, cote 549 (Jugement du tribunal civil de Nivelles) 36265.
[55] Archives de l’État Louvain-la-Neuve, ibid. 36362.
[56] Archives de l’État Louvain-la-Neuve, ibid. 36486 et 36994 à 36998.
[57] Pour rappel, les créanciers privilégiés sont ceux qui bénéficient d’une sûreté, hypothèque ou nantissement, ou encore ceux auxquels la loi accorde un privilège de paiement. Par contre, les créanciers chirographaires ne détiennent aucun privilège ou garantie.
[58] Témoignage d’Etienne Bayens à l’auteur (6/06/2024).
[59] En dépit de recherches, nous n’avons trouvé trace de cette personne. Dès lors, il pourrait s’agir de Modeste Brassart, né à Ohain le 8 avril 1878 et décédé à Braine-l’Alleud en 1963. Il était jardinier arboriculteur de son état. En 1932, il était garagiste place de la Gare, 13 (source Jean-Marie Laus). Sa mère s’appelait Marie Thérèse Denis.
[60] Source : Indication des habitants par ordre alphabétique des rues, Bruxelles et sa banlieue. Archives de Bruxelles www.archives.bruxelles.be/almanachs
[61] À la mort de Paul Veny, son fils reprit le commerce jusqu’en 1971. L’épicerie était appelée « chez Perkire » du surnom donné au fondateur, Jules Bourgeois, beau-père de Raoul Gilbert (source : Philippe Buchelot).
[62] Témoignage de la petite-fille de Paul Veny à l’auteur (7/06/2024).
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